‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 348 sur 422 · Clrrmont k licile-lide, 18 avril [3474, n · texte numérisé non relu

Clrrmont k licile-lide, 18 avril [3474, n

a. 30 avril. Pap. Clermont, 1758, t. \[\,n^Z6bis.

MADAME DE POMPADOUR EN PREND ACTE. 42o

doiir qui se chargea de ce soin, a Votre lettre du 18, mouseigueur, ranime un peu nos espérances, lui écrivitelle d'abord ; il est sûr que vos deux derniers courriers Tavoient éteint tout à fait et que nous étions ici dans la douleur la plus amère. Par les précautions que vous avez prises pour les fourrages, et celles du maréchal (malgré sa maladie) pour les grains, l'argent, etc., nous sommes en état de rassurer la cour de Vienne et de l'animer nos alliés, deux points bien importants et dont vous serez pleinement convaincu avant qu'il soit peu, si nos malheurs n'ont pas porté un trop funeste coup. » Et quelques jours après : « Vos deux derniers courriers, monseigneur, ont remis le calme dans mon àme ; en vérité, j'en avois besoin, car votre position de- V(»noit d'autant plus dangereuse que le peuple d'Hollande est absolument prussien et anglois, et qu'il n'y a point d'intrigue qui ne se fasse pour l'engager à se déclarer*. »

Le secret de cette crise avait transpiré ; des sommets l'agitation avait gagné les régions moyennes de la cour, et il avait couru sur le comte de Clermont des rumeurs dont son vieil ami, le maréchal de Biron, s'était cru obligé de l'avertir, a Vous jugez bien, lui répondit le prince, que quelqu'un qui a eu le courage de céder par son attachement pour le roi et son zèle pour la patrie aux instances qui lui ont été faites de se charger d'une besogne aussi détestable que celle que j'ai acceptée, fait très-peu de cas des sots propos et des plates intrigues de quelques espèces dont la seule existence réside dans l'impertinence et la fatuité. Pourvu que mon mal-

1. 21 et 25 avril. Pap. Clermont, 1758, t. IH, no*30-Cl.

ifê AVIS DU MARÉCHAL DE BELLB-ISLE

tre et mes amis me rendent justice, je suis payé de mes peines et mon cœur est satisfait ; je laisserai aboyer les roquets sans craindre qu'ils osent me mcHrdre. Yoilà de quelle manière je répoods aux cabales : mépris, et puis c'est tout. Si le roi trouve que je sers bien, il me continuera et j 'y sacrifierai ma vie, mon repos et ma philosophie ; si je n'ai pas le bonheur de remplir ses intentions, il me rappellera et j'aurai la satisfaction de lui faire ma cour et de reprendre ma tranquillité * • »

Il y avait un homme qui était considéré comme plus coupable et responsable des boutades inquiétantes de M. le comte de Clermont que M. de Clermont lui-même ; c'était M. de Mortaigne. Le roi, madame de Pompadour, l'abbé de Demis avaient assailli le maréchal de Belle- Isle et lui avaient demandé comment il était possible que Moilaigne eût laissé le comte de Clermont « prendre de l'humeur et delà foiblesse. » Le maréchal avait répondu qu'apparemment Mortaigne n'avait pas été consulté^; mais en son particulier il avertissait sérieusement le conseiller du prince : « Le roi veut que Ton donne de l'audace à votre général et j'ai fort assuré que personne sans exception n'étoit plus capable de le faire que vous, et je vous prie instamment de le faire^ car nous serions déshonorés si jamais nous quittions les bords du Rhiu ; nous perdiions nos alliés et il faudroit

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