M. DE VILLEMEUR ET LE DUC DE RANDAN
plus anciens lieutenants généraux de 1 armée, le marquis de Villemeur et le duc de Raudan. C'était du premier que le comte de (iisors avait dit, quelques mois auparavant, à son père : « Quelle timidité! Quelle incertitude ! Quelle lenteur dans toutes ses résolutions* ! » C'était du second que le maréchal de Richelieu avait tracé, en trois coups de crayon, ce cruel portrait : « Le plus honnête homme, le meilleur homme du monde, mais le plus imbécile ^. » Lorsque le maréchal de Belle-Isle avait mandé au comte de Mortaigne qu'au moyen de certains arrangements il lui serait possible de devenir le second lieutenant général de Tarmée, c'était au déplacement de M. de Villemeur et du duc de Randan que songeait le maréchal; mais avant do les retirer de Tarmée pour les reléguer dans quelque obscur commandement en arrière ou dans Tintérieur du rovaume, le ministre et le comte de Clermont surtout, peines et embarrassés d'avoir à noter d'une telle marque d'insuffisance publique deux hommes d'ailleurs honorables, avaient renvoyé au temps où les troupes quitteraient leurs quartiers pour entrer en campagne l'exécution d'une sentence nécessaire, mais déplaisante.
L'événement leur donna tort, car le marquis de Villemeur notamment resta tout à fait au-dessous de sa tÂche, et le duc de Randan, en lui prêtant toute l'assistance dont il était capable, ne releva pas sensiblement les affaires. Ils avaient, dans leurs deux arrondissements, douze bataillons et vingt escadrons; non-seu-