‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 378 sur 422 · DESESPOIR DE MADAME DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

DESESPOIR DE MADAME DE POMPADOUR

lement les premiers Hanovriens qui avaient trompé la vigilance des postes français ne furent pas rejetés dans le fleuve, mais ils travaillèrent, sans être inquiétés, à la construction d'un pont de bateaux en face de Bienen, de sorte que, dans la soirée du 2 juin, le prince Ferdinand eut, tout compte fait, en moins de vingt-quatre heures, 14,000 hommes sur la rive gauche du Rhin. Le lendemain, les deux arrondissements extrêmes des quartiers français étaient évacués, et les troupes, après s'être concentrées, le 3 juin, à Calcar qui était de la troisième circonscription, se retirèrent définitivement, le 4, dans la quatrième, à Xanten, où toutes les forces de la gauche se trouvèrent alors rassemblées * .

Les premières nouvelles, envoyées le 3 par le comte de Clermont, étaient déjà si mauvaises que madame de Pompadour ne pouvait contenir l'expression de son chagrin : « Quelle humiliation ! monseigneur, s'écriait-elle; laisser débarquer 6,000 hommes et établir un pont sur le Rhin ! Je ne peux vous peindre l'excès de ma douleur; elle est proportionnée à l'avilissement où nous sommes. Je ne me refuserai pas la triste consolation de vous rappeler ce que vous pensiez de M. de Villemeur avant votre départ. Eh ! mon Dieu, pourquoi ne l'avez-vous pas envoyé sur les derrières, comme c'étoit votre projet? Je suis désespérée^. » M. de Villemeur fut d'abord rappelé de sa division et mis à la suite du quartier général, puis renvoyé en France ; le duc de Randan reçut l'ordre de reprendre le commandement de la Franche-Comté où sa présence, disait-on pour

1. Clermont à Belle-UIe, 3, 4el6juin. [3476, no*3G, 46,74, 75].

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