DESESPOIR DE MADAME DE POMPADOUR
lement les premiers Hanovriens qui avaient trompé la vigilance des postes français ne furent pas rejetés dans le fleuve, mais ils travaillèrent, sans être inquiétés, à la construction d'un pont de bateaux en face de Bienen, de sorte que, dans la soirée du 2 juin, le prince Ferdinand eut, tout compte fait, en moins de vingt-quatre heures, 14,000 hommes sur la rive gauche du Rhin. Le lendemain, les deux arrondissements extrêmes des quartiers français étaient évacués, et les troupes, après s'être concentrées, le 3 juin, à Calcar qui était de la troisième circonscription, se retirèrent définitivement, le 4, dans la quatrième, à Xanten, où toutes les forces de la gauche se trouvèrent alors rassemblées * .
Les premières nouvelles, envoyées le 3 par le comte de Clermont, étaient déjà si mauvaises que madame de Pompadour ne pouvait contenir l'expression de son chagrin : « Quelle humiliation ! monseigneur, s'écriait-elle; laisser débarquer 6,000 hommes et établir un pont sur le Rhin ! Je ne peux vous peindre l'excès de ma douleur; elle est proportionnée à l'avilissement où nous sommes. Je ne me refuserai pas la triste consolation de vous rappeler ce que vous pensiez de M. de Villemeur avant votre départ. Eh ! mon Dieu, pourquoi ne l'avez-vous pas envoyé sur les derrières, comme c'étoit votre projet? Je suis désespérée^. » M. de Villemeur fut d'abord rappelé de sa division et mis à la suite du quartier général, puis renvoyé en France ; le duc de Randan reçut l'ordre de reprendre le commandement de la Franche-Comté où sa présence, disait-on pour
1. Clermont à Belle-UIe, 3, 4el6juin. [3476, no*3G, 46,74, 75].