ORDRES ET CONTRE-ORDRES
abimé, suivant ma proposition, ou obligé de se retirer en Hollande '• )> Or, ce même jour, 16 juin, à la fin d'une lettre adressée au nom du ministère à Paris Duverney afin de hAter son départ pour Tarmée, le maréchal de Belle-Isle ajoutait de sa propre main Tavis très-secret que Tordre venait d'être envoyé au prince de Soubise de changer de Test au nord, du Danube vers le Khin, la direction de ses troupes, et de les mettre, le 25 juin, en marche sur Dûsseldorf et Wesel. Le même avis, sous le même secret, était envoyé par le maréchal au comte de Clermont '.
L'ancien projet avait disparu du jour au lendemain; celui-ci ,vécut quatre jours et ce fut à Versailles même qu'il mourut de la main du roi. Le récit de cette exécution adressé, le 19 juin, à Duverney par le maréchal de Belle-Isle, est une pièce tout à fait curieuse. Après une rapide mention des mesures ordonnées sur le Rhin pour y réunir le plus grand nombre de bateaux possible, le maréchal continuait en ces termes : a Les choses étoient en cet état quand je me suis couché hier au soir 18; mais il est arrivé cette nuit un courrier de M. le comte de Clermont dont les nouvelles ont décisivement fortifié le roi dans la résolution où il étoit hier au soir, quoi qu'il en pût arriver, d'exécuter avec fidélité les engagements qu'il a pris avec l'Impératrice. J'avois pris la liberté de représenter, avec tout le respect que je dois, qu'il y a des cas forcés où le bien de l'État, peut-être même le salut de l'armée et d'une partie de nos frontières, doit l'emporter sur toute autre considé-