Clermont à Soubise, 16 juin. Clermont 1758, t. IV, n^SO
2. Belle-hleà DuTerney, 16 juin; au comte de Clermont, 16 juin. Pap. Clermont, 1758, t. IV, n« 5S-eO. — [3i77, n» 4.]
4#i6 HESITATION ET RETARDS.
ration, quand les circonstances Teiigent ; que la perte de Wesel pouvoit entraîner tous ces malheurs, d*oû résul* toit la nécessité de le conserver et de perdre en m^me temps et détruire Tannée de )I. le prince Ferdinand ; enfin toutes les suites en bien et en mal des deux partis contraires. Mais la force de nos raisons à M. Fabbé de Bemis et à moi a diminué des trois quarts par la lettre que m'a apportée le courrier de M. le comte de Clermont... De tout cela il résulte, joint à la détermination du roi, qu'il faut abandonner cette dernière idée qui me plaisoit fort et laisser suivre à M. le prince de Soutrise sa première destination pour marcher en Bohême, à la seule différence qu'au lieu de mettre la tête de son armée en mouvement le 20, il ne la fera marcher que du 26 au 30. Pendant cet intervalle, nous aurons vrai-^ semblablement quelque dénoûment à Tarmée de M. le comte de Clermont, qui nous laisseroit encore le temps, s'il étoit malheureux , d'arrêter le corps de M « de Soubise^ »
La lettre par laquelle le comte de Clermont venait de fournir, sans s'en douter, des arguments au roi avait
1. Belle-Isle à DaTerney, 19 juin. Pap. Clermont, I7&8, t. IV, m» 67. — Le projet tué par le roi fut ressuscité par Paris DuTemey qui le reprit pour son compte et en démontra l'importance dans des notes datées dn 22 Juin etqu'U porta le lendemain à Versailles. Lemaréetud de Belle- Isle lui écriât le 25 juin : «J'ai rendu compte hier au roi, monsleiir, du résultat de notre conférence de la Teille ayec M. l'abbé de Bemia. Sa Majesté, quoique à regret, a consenti au changement de desUnaUon de l'armée de M. le prince de Soubise et a approuTé tout le projet dont nous sommes convenus. • On eut le lendemain seulement Ift premièrr nouvelle de la bataille de Crefeld, livrée et perdue le 23. Les notes autographes de Paris Duverney se trouvent sous le n* 89 et la lettre du maréchal de Belle-lsle sous le n» 11 2 du t. IV des papiers de Clermont, 1758.
KETKAITE DE I/AIIMKE. 407
été expédiée le IG de Neuss, et non plus de Rheinberg. Le prince s'était donc retiré à plus de douze lieues eu arrière de cette place de Wesel dont la possession lui semblait apparemment moins importante ou moins compromise qu'il ne paraissait au maréchal de Belle- Isle. En vérité, la conduite du comte de Clermont était bien difficile à justifier ou simplement à comprendre. Le 12 juin, il avait toutes ses forces rassemblées à Rheinberg, dans une position qu'il avait d'abord jugée bonne ; le prince Ferdinand était devant lui; on s'était canonné toute la journée. Le lendemain, sous prétexte que le camp des Uanovriens n'offrait point de prise à une attaque favorable , le comte de Mortaigne conseillait au comte de Clermont d'abandonner son poste où l'ennemi s'étabUssait tout de suite après son départ, de sorte que, selon la remarque du maréchal de Belle-Isle, c'était le prince Ferdinand qui, maître de Rheinberg, coupait désormais et totalement au comte de Clermont sa communication avec Wesel. De Rheinberg, rarmée française avait d'abord reculé jusqu'à Meurs; mais là ne se trouvait point encore le parfait champ de bataille que réclamait le goût difficile du comte de Mortaigne ; pour le rencontrer, on continua de reculer jusqu'à Neuss.
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Toutes ces marches en arrière faisaient à la cour, dans Tarmée, dans toute la France, l'effet le plus déplorable. « Votre Altesse Sérénissime connoltles François, écrivait au prince le maréchal de Belle-Isle ; ils oublient tous leurs maux quand ils voient qu'on les mène pour