‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 388 sur 422 · Clermont à Belle-hle, 19 juin [3477, n · texte numérisé non relu

Clermont à Belle-hle, 19 juin [3477, n

à Kempen, et sa gauche à Hulst. Je me suis arrêté, le landwehr devant moi, position où j'ai reçu Tordre du roi de ne point combattre^ si ce n'est avec certitude de succès. Cela m'empôche de passer le landwehr pour marcher à l'ennemi*. »

Stupéfait, doutant de sa propre intelligence et de sa mémoire, le maréchal de Belle-Isle, cette incroyable lettre entre les mains, se fit représenter les minutes des dépêches qu'il avait écrites au prince, le 13, le 16, le 19 ; aucune d'elles, ni par la pensée, ni par l'expression, ne pouvait prêter à l'équivoque. Le maréchal en reproduisit textuellement les passages les plus significatifs, et il ajouta : «c Je ne prends la liberté de rappeler ces article^ de mes dernières dépêches que pour constater les faits. Responsable, comme je le suis, de ce que j'écris au nom du roi, j'aurois été précisément contre sa volonté si j'avois écrit à Votre Altesse Sérénissime, par son ordre, de ne point combattre, si ce n'est avec certitude de succès, et il y auroit bien de l'imprudence à moi d'employer de pareils termes ; car peut-il jamais y avoir une certitude de réussir?... Le roi persiste dans les mêmes sentiments que j'ai déjà exposés à Votre Altesse Sérénissime dans toutes mes précédentes , sur la nécessité de combattre M. le prince Ferdinand ou de l'obUger à repasser le Rhin ; après quoi. Sa Majesté s'en repose entièrement sur votre courage, votre zèle, votre prudence et votre capacité pour y parvenir*. » Le respect contenait le maréchal; chez madame de Pompadour, la vivacité du ressentiment éclatait sans scrupule :

Page 1