ÉTRANGE ERREUR DU COMTE DE CLERMONT
sont pas épargnés ; car, comme avec raison ils ont ThoDncur de tout ce qui se fait de bien, on leur impute, quoique souvent avec injustice, ce qui arrive de mal^. »
Si jamais toute une armée, depuis le général en chef jusqu'au dernier homme, avait besoin d^être poussée par un sentiment d'irritation au combat, il suffirait assurément d une pareille lettre. Cependant le sentiment du comte de Clermont fut qu'elle lui défendait de combattre. Le fait est incroyable, on en reste confondu, mais il est rigoureusement vrai. Depuis Neuss le prince avait cessé son mouvement rétrograde et rebroussé chemin du côté de Tennemi. D'Osteradt, où il était campé le 18, il s'était dirigé le lendemain sur Crefeld ^, et s'était arrêté un peu en deçà de cette ville sur la limite du comté de Meurs et de l'Électorat de Cologne. Cette limite était marquée, du Rhin à la Niers, par un landwehr ou fossé double, dont les deux cuvettes larges et profondes étaient séparées par une levée plantée d'arbres. Avant d'aller chercher l'ennemi par delà cet obstacle, il fallait y ouvrir des trouées, des communications, des passages. L'armée campa donc sous la protection de ce retranchement tout trouvé, et le quartier général s'installa dans un village des environs à Vischelen^ Ce fut là que, dans la nuit du 20 au 21 juin, le comte de Clermont reçut la dépêche excitante du maréchal de Belle-lsle, et qu'il y répondit en ces termes ; « Toutes mes nouvelles disent, monsieur le maréchal que l'armée ennemie est arrivée aujourd^ui, sa droite