DISPOSITIONS DE M. DE SAINT-GERMAIN
dont la conduite fut adnriirable. Le corps entier, infanterie et cavalerie, était sous les ordres du comte de Saint-(ierniain.
Voilà donc une régeiTe engagée dès le commencement de Faction ; M . de Mortaigne ne faisait que réparer une faute par une faute. Cependant cette disposition avait arrêté le mouvement de Tennemi sur Villich ; mais il s'était massé dans les bois. Son artillerie à peine visible, se dérobant aux coups de Tartillerie française, avait ouvert un feu nourri. Exécuteur intelligent des ordres de M. de Saint-Germain, le maréchal de camp placé à la tête de la brigade de Touraine, le comte de Kochambeau, avait donné pour point d'appui à sa gauche une maison dont le jardin assez étendu touchait au fourré même. Une levée de terre formait l'enclos ; il en fît écréter le sommet, et derrière cet épaulement improvisé cinq pièces de canon, tirant à barbette, rasant d'un bout à l'autre la lisière des bois, empêchèrent longtemps les Ilanovriens d'en sortir. Voyant leur hésitation, M. de Saint-Germain résolut d'y pénétrer et de les en chasser par une lutte coi*ps à corps ; mais il fallait que les braves gens qu'il entraînait dans un de ces combats où chacun ne doit guère compter que sur lui-même, sentissent demèreeuxun soutien, des camarades tout prêts à les appuyer ou à les recueiUir, s'ils étaient obligés de faire retraite.
Lv comte de Clermont, le prince de Coudé, le comte de La Marche, ses neveux, M. de Mortaigne, M. de Contades, tout Tétat-major, étaient venus se placer en face de l'attaque. Averti par M. de Saint-Germain du mouvement qu'il allait faire, M. de Mortaigne conseilla au comte de Clermont d'envoyer chercher les réserves du
484 héroïsme de L'infanterie franchise,
centre et de la droite, la brigade de Navarre, les grenadiers royaux et de France. L'ordre donné par le prince fut transmis en sa présence à deux officiers de Tétatmajor par M. de Cornillon, major général de Tiufanterie. Les deux officiers s'éloignèrent au galop; un moment après, les princes et leur suite tournèrent d^un autre côté dans la direction du landwehr ; M. de Mortaigne resta seul avec son aide de camp. Le feu avait redoublé ; parmi le fracas du canon, le roulement de la fusillade, les clameurs, on entendait battre la charge. Les bataillons couraient; traversés, déchirés par les boulets et la mitraille, ils firent cependant du premier élan leur trouée dans les bois ; il y eut dans ces profondeurs le tumulte, l'agitation, les fluctuations d'une tempête. Malheureusement le prince Ferdinand avait une telle supériorité de forces qu'il regagnait à chaque instant par un flot de troupes fraîches le terrain perdu. L'infanterie française, refoulée dans la plaine, s'étonnait de n'y pas voir le secours qu'elle attendait. M. de Mortaigne s'en étonnait le premier ; mais il courait aux soldats, leur nommait les régiments qui venaient à leur aide, ranimait leur ardeur, et, quand ils avaient repris haleine, ils retournaient à la charge. Ils y retournèrent deux fois; ce fut leur suprême effort. Après le dernier assaut, cette héroïque infanterie donna la preuve d'une fermeté sans pareiUe. Brigades, régiments, bataillons, compagnies, trois heures de combat dans les bois avaient tout rompu et mêlé ; il n^ avait plus qu'une masse compacte et résistante. Le comte de Saint-Germain voulut y remettre l'ordre ; il commanda qu'elle se reformât sur trois rangs. La foule obéissante s'allongea par la droite et par la gaucho ; on compta les iiles^ on