LE COMTE DE GISORS A NEUSS
pécher d'en ôtre aux larmes. 11 n'a pu trouver encore le moment de vous écrire ; il m'a chargé d'y suppléer en vous écrivant en son nom en même temps qu'au mien. Les dernières nouvelles qui sont venues par le deuxième courrier d'hier au soir à onze heures* ajoutent quelque chose au petit et foible rayon d'espérance qu'on a bien voulu se conserver sur l'état du malheureux comte de Gisors ; mais avec cela, mon cher ami, il y a mille raisons pour n'espérer rien, et le silence d'Andouillet^ qu'on a laissé auprès de lui, et qui n'a écrit à personne, est d'un si mauvais augure que je crains bien qu'il ne soit sans ressource^ »
Lorsque les ordres avaient été donnés au quartier général , dans la soirée du 24, pour l'évacuation de Neuss, les chirurgiens avaient déclaré que M, de Gisors n'était plus en état d'être transporté. Aussitôt le comte de Cilermont avait écrit au prince Ferdinand de Brunswick, en recommandant à son humanité le blessé d'abord , c( pour lequel , disait-il , je me persuade que Votre Altesse aura toutes les attentions dues à son rang et à son mérite personnel*, » puis les personnes qui demeuraient pour l'assister dans ses cruelles souffrances. Le prince Ferdinand avait connu à Berlin M. de Gisors, et comme tous ceux qui s'étaient rencontrés quelque part avec lui , mieux encore, puisqu'il l'avait pratiqué davantage, il avait gardé de ce commerce avec un caractère et un esprit d'une si rare distinction le plus
1 . Le second des courriers dépôchés le 2 i par le comte de Clermont.