juin [3477, n« Î
2. L'abbé de belmont à Belle-lsle, 3 juillet 1758. —Mémoire den dispositionn de dernière volonté faiteR de vive voix par M. le comte de Gisont, joint à la lettre précédente [3504, n»» 2G-27].
H«H> PTTNERAfLLES DTJ COMTK DE «Tr-r.RS.
sa t^oné^ienoe di^ lui-tn«^me. Il ;i i^r.»^ pleiin? .i l .irm«^t' des ennemis ooaim*- d.ms la notre ' . «
Le 28, à sept heures du matin, les derniers honneurs furent rendus à la dépouille mortelle du comt^ de «jisors. Le prince Ferdinand de Brunswick av.iit v«>iilu qu'elle fût entourée d'une çrande pompe militaire : une a^ant-garde de cent grenadiers à cheval, deui es^^adrooâ de drasrons avec leurs timbales et étendards, des deux côtés du char funèbre douze officiers souten.mt le drap nK)rtuaire, un régiment d^mfanterie, deux pièces de canon avec cinquante hommes , cent grenadiers à cheval à Tarrière-garde. Trois salves de sl\ coups de canon et trois décharges de mousqueterie saluèrent de leur fracas guerrier le cercueil disparaissant dans la tombe ^. Par ces marques inaccoutumées d'estime, le général en chef de l'armée hanovrienne s'est acquis, sans y prendre garde, plus d'honneur qu'il n'en a voulu faire au jeune officier de Tarmée française. L'histoire, toujours en quête des pensées nobles et des actions généreuses, devait ce témoignage au prince Ferdinand de Brunsv^ick.
La triste nouvelle, parvenue dans la journée du 27 au comte de Clermont, avait été immédiatement transmise à M. de Crémille et à Tabbé de Bernis par un comrrier spécial, afin qu'étant seuls avertis, ils pussent choisir leur temps pour la faire connaître au maréchal de Belle-Isle. « Je sens par mon cœur, écrivait le prince avec une émotion sincère, combien quelqu'un dans la
1. Cette lettre, datée da 28 jaio. eut citée daai une note des Mémoires dn dnc de Luynes, t. XVI, p. ^88.
?. Honneur» funéraires rendus par M. le prince Ferdinand à M. le comte de Gi.<>ort a Nens.«. Pap. Clennoiit, W'^S, t. IV, n** 13t.
COUUA(iK 1)L MAKi:CllAL DE HKLLE-ISLE. oOl
tilsUî pusiliun de M. li* inairohal inrritu de iiicnaf^eluuiits et de cuiisolalions'. » Ce fut dans la moirée du 29 juin que le eourrier funèbre arriva à Versailles. Le 30, Tabbé de Demis mandait au comte de Clermont : a Je me suis arquitté des ordres que Votre Altesst? Sérénissime m'a donnés, par rapport au maréchal de Belle-Isle. La mort de son fils lui déchire le cœur, mais son courage et les bontés du roi le soutiennent. Sa Majesté lui a fait l'honneur de venir le voir dans son lit; elle Ta consolé tît lui a redonné des forces^. Il est bien sensible à toutes les attentions de Votre Altesse Sérénissime, et je puis, monseigneur, vous assurer (ju'on ne peut montrer ni plus de sensibihté ni plus de fermeté qu'il en montre^ » (les derniers mots de l'abbé de Bernis ont trouvé dans les Mémoires du duc de Luynes leur développement et leur preuve : (c M. de Ik^Ue-Isle, le meilleur du monde, y est-il dit, est aussi bon patriote que père tendre. Le roi lui fit l'honneur de l'aller voir hier et de Tembrasser, en le priîuit de ne le point abandonner... Son courage est au-dessus de tout ce que Ton peut en dire, et son attachement est sans bornes... Depuis le moment qu'il a été instruit de la blessure dangereuse de son fils, il s'est tenu trois conseils d'État; il a parlé à chacnn pendant