REUNIONS DU MONDE
à laquelle on s'assemble dans le salon ; je vous vois d'ici vous mettre à une partie de trille avec madame de Maurepas, M. de Maurepas en faire une autre avec ma femme. Que ne suis-je là pour vous approcher votre fauteuil? Vous ne me refuseriez pas votre main à baiser en récompense de ce petit service; de là j'irois conseiller ma femme tout de travers, puis \iendrois rendre une petite visite à madame de Nivernois qui selon toute apparence travaille à son métier. Je volerois moyennant cela de plaisir en plaisir. Au lieu de jouir d'un sort aussi doux, je vais me plonger dans ime foule de deux cents personnes que je n'aime ni ne connois, errer de table en table, faire des compliments françois auxquels on me répondra en anglois, répéter pour la centième fois que j'ai été neuf heures sur mer, que les chemins étoient très-mauvais quand je suis arrivé ; car voilà sur quoi roulent les questions de chaque personne à qui je suis présenté. Ce qui pourra m'arriver de plus agréable sera si je peux à la fin attraper un coin dans lequel je me blottirai jusqu'à ce que la compagnie étant un peu éclaircie, la promenade soit un peu plus libre. Quand on a, ma chère maman, des parents aussi aimables que ceux que Dieu m'a donnés, il n'est point de plaisirs loin d'eux Huit heures et demie sonnent; il faut que je parte; je vais rêver chez milady Holdemesse à une mère que j'aime et respecte de tout mon cœur ' . »
Cette maison de lady Holdemesse était cependant celle où le jeune comte se plaisait davantage et où l'on s'occupait le plus de lui plaire. « Mercredi, écrivait-il