‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 46 sur 422 · LE MARIAGE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE EN ANGLETERRE

profil des anglaises qu'elle veut mettre en haute estime dans Tesprit du comte. « Chez vous, lui dit-elle, l'intérêt et l'ambition font les mariages; deux époux s'unissent sans se connoUre ; le mariage fait, ils n'ont guère le temps de faire connoissance, empêchés qu'ils sont par le train de ^ie que Ton mène à Paris. Vos filles, élevées au couvent ou renfermées dans la maison paternelle, n'acquièrent aucune connoissance du monde et ne reçoivent que des principes arides et incapables de résister aux charmes de la rie mondaine. Chez nous, les filles vont aux assemblées dès Tàge de douze ans et y sont exposées aux regards du public ; préoccupées depuis ce temps-là de mériter un bon établissement, elles trouvent en leur propre intérêt un guide plus sur que les préceptes d'une mère ou d'une gouvernante ; î'enrie d'avoir un mari balance le danger des amants. D'ailleurs elles ont beaucoup de temps pour s'instruire, surtout en histoire et en morale. Les Anglois étant peu galants de nature, les femmes ne sont pas trop gâtées. Adonnés de bonne heure au plaisir, les maris ne mettent guère l'amour dans les conditions du mariage ; ce qu'ils cherchent, c'est une compagne pour leur rendre moins pénible la solitude dans laquelle ils passent la moitié de l'année ; c'est pourquoi ils sont plus difficiles sur le choix qu'ils ont à faire, et ils approfondissent d'autant plus le caractère de la personne avec laquelle ils doivent vivre'. » Au reste les mariages sont aussi favorisés que possible et la loi anglaise est à ce sujet d'une facilité singulière. Il en résulte quelquefois des unions disparates et qui feraient scandale en France ;

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