‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 47 sur 422 · HABITUDES DES HOMMES · texte numérisé non relu

HABITUDES DES HOMMES

mais on fait remarquer au comte de Gisors que la disproportion de certains mariages n'est qu'un petit inconvénient en comparaison de l'intérêt qu'il y a pour un État commerçant à pousser au développement de la population. La misère, qui pour quelques particuliers peut résulter d'un méchant mariage, finit par exciter leur industrie afin de se tirer d'affaire * .

A Londres, les hommes vivent beaucoup entre eux; ils ont des clubs où l'on joue gros jeu et où trop souvent aussi Ton boit plus que de raison. Même dans les maisons où il dîne et où les hommes restent seuls après le fruit, M. de Gisors remarque l'habitude où l'on est de toaster pendant deux heures ; chacun porte à son tour la santé de la dame qu'il préfère et passe la bouteiUe au voisin ^. La conversation est gaie , mais peu intéressante au gré du jeune Français qui voyage pour prendre des vues de haut et d'ensemble sur les nations étrangères. « Depuis que je suis en Angleterre, dit-il , je n'ai point encore entendu raisonner en général sur aucune matière civile , politique ou morale ; chacun en particulier parle avec connoissance selon le parti dont il est, mais rien de plus *. » Un des grands plaisirs à Londres, c'est le bal masqué ; mais il y manque la vivacité aimable qui règne à Paris; c'est une promenade de gens silencieux et ennuyés, ou ce sont des brutalités grossières. On dit cependant au comte de Gisors que c'est faire sa cour au roi que d'y aller; en effet, George II n'en manque guère avec l'une ou l'autre de ses maltresses, et le peuple aime à l'y voir, ce qui n'empêche pas que des gens mal élevés ne se plaisent quelquefois

1 . Journal, A mars.— 2. Journal^ 25 février.— 8. Journal^ 28 férrier.

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