LE COMTE DE BELLE-ISLE
tite Tille de proyince. Cependant, après quarante ans écoulés, la génération contemporaine du surintendant devant être fort éclaircie, le marquis de Belle-Isle ne voulut pas imposer à son fils aine Tespèce de claustration dont il s'était fait l'innocente et volontaire victime. A seize ans, le jeune homme vint à Paris. Sa famille, quoique nouvelle, avait des alliances considérables ; le surintendant avait eu pour gendre Armand de Béthune, H duc de Charost, capitaine des gardes du corps et bien vu de Louis XIV, malgré son mariage ; la mère même du comte de Beile-Isle était fille de Charles de Lévis, comte de Charlus, qui n'avait pas craint de la marier à un homme dont le nom seul aurait effrayé tant d'autres. Le jeune comte avait de Tesprit, du tact, les sentiments et les façons d'un vrai gentilhomme; il plut beaucoup à ses puissants aUiés ; ses cousins de Lévis et de Charost lui recrutèrent d'autres protecteurs, et enfin, au mois de juillet 1701, il eut la joie d'endosser l'uniforme des mousquetaires du roi. Comment avaiton pu obtenir de Louis XIV l'admission d'un Fouquet dans un corps choisi qui faisait le service auprès de sa personne? Il est certain que de fort grosses questions avaient exigé moins de soins, de poUtique et de suite que cette petite affaire. Le premier pas, qu'on dit généralement le plus difficile, l'était assurément pour un Fouquet plus que pour aucun autre, et par cette porte plus que partout ailleurs.
Au bout d'un an, il sortit des mousquetaires pour passer capitaine dans Royal-Cavalerie, fit sa première campagne en 1702 sous Catinat, puis sous Villars, et ne manqua plus une occasion de se battre, c'est-à-dire de se distinguer, tant que dura la guerre pour la suc-