EN FAVBUR DU COMTE DE GISORS
présenté. Je raccompagne aux exercices que le i\>i de Prusse arrivé ici [à Berlin] depuis mercredi dernier [23], fait faire journellement à trente bataillons et à seize escadrons qui sont assemblés dans cette ville. M. le comte de Gisorsles voit avec plaisir et admiration, et a la permission d'accompagner S. M. prussienne au camp de Stargard qui commencera le 2 du mois prochain. Je ne puis assez vous dire, monseigneur, combien il se distingue ici par sa politesse, par la douceur de son caractère et par la sagesse de sa réser>e, et je vois avec plaisir que les bontés dont on Thonore à la cour et les politesses qu'on lui fait à la ville sont encore moins rendues à sa naissance qu'à son mérite personnel. » Puis le 30 mai : « M. le comte de (iisors est parti ce matin pour Stargard où il attendra le roi de IVusse qui doit passer ici demain pour se rendre au camp qu'il fait assembler en Poméranie. Ce prince a accordé à ce jeune voyageur une distinction des plus Uatteuses en l'admettant à sa table, ce qui jusqu'à présent n'étoit arrivé à aucun étranger, pas même au prince de IIohenzoUem qui est de la maison de Prusse... M. le comte de Gisors doit repasser ici, le 6 ou le 7 du mois prochain, y séjourner quelques jours et se rendre ensuite par Hambourg dans le Holstein *. »
Un témoignage aussi important que celui du ministre de France à Berlin, puisqu'il devait passer sous les yeux du roi, ne pouvait manquer d'être communiqué par M. de Saint-Contest au maréchal de Belle-Isle ; ses amis de Berlin ne le laissaient pas d'ailleurs manquer de nouvelles. Après le maréchal Keith, c'était le comte
1 • EitraiU commuoiquét par Tet ArchiTM dei affaires étrangères*
de Podewils qui lui écrivait, par exemple : a Je puis vous dire sans flatterie, monsieur, que M. le comte de Gisors a trouvé ici une approbation générale depuis le sceptre jusqu'à la houlette pour ainsi dire, et on le propose à notre jeunesse distinguée comme un modèle d'une excellente éducation et du succès le plus heureux dont elle a été suivie. Dieu vous le conserve, monsieur ! il soutiendra sûrement avec dignité Thonneur et Testime de votre nom *. » Outre les éloges qui lui arrivaient directement, le maréchal en recevait d'autres par ricochet en quelque sorte. Ainsi, le marquis de Yalory, ancien ambassadeur du roi de France h Berlin, lui mandait d'Étampes : « Je ne compte pas vous apprendre rien de nouveau, monseigneur, en vous annonçant les succès de M, le comte de Gisors dans les pays étrangers... Mais je ne puis me refuser la satisfaction de vous envoyer copie d'une lettre du prince Henri de Prusse ^ écrite au sieur Darget, ci-devant mon secrétaire, depuis celui des commandements du roi de Prusse, et maintenantde TÉcole militaire. J'y ajouterai que j'en ai reçu une de la comtesse de Camas, grande-gouvernante de la reine, qui m'en fait les plus grands éloges tant de sa part que de celle des reines. Je dirois encore que cette femme est une des meilleures connoisseuses en mérite qu'il y ait, si je ne l'avois pas pour amie intime. Quoiqu'il en soit, monseigneur, il résulte que vous avez un fils digne de vous, c'est tout dire, et que vous le mettez à l'épreuve la plus sûre en le faisant voyager. Plût à Bien qu'il fût un échantillon de notre j eunesse