ECHANGE DE BELLE-ISLE
ayait été adjugé à madame Fouquet, femme du surinteodaut, pour ses reprises. Le comte de Belie-Isle fit si bien qu'il persuada au Régent et au cardinal Dubois qu en cas de guerre maritime, Belle-Isle devant nécessairement être un objet de convoitise pour Tennemi, rintérét public exigeait que la défense en fut aussi complète que possible, sans être gênée par aucune considération particulière ; de là Tidée d'un échange entre le propriétaire du sol et le roi. Par toutes sortes de qualités éminentes et séduisantes, M. de Belle-lsle avait déjà conquis une telle foule de partisans qu'il aurait pu, disait quelque homme d'esprit, faire une religion s'il avait voulu s'en donner la peine ^ Le Régent et le cardinal Dubois l'appuyèrent ; M. le Duc lui-même, son futur persécuteur, lui fut alors tout favoi*able, et, le 30 décembre 1718, le Pariement de Paris enregistra l'acte par lequel Belle-Isle était échangée contre de grands et riches domaines en Normandie, autour de Vernon et de Gisors, sans compter quelques terres de surplus en Languedoc ^.
Cependaot, de 1723 à 1726, la fortune parut se retourner contre l'hem^eux comte de Belle-Isle. La marquise de Prie, maîtresse de M. le Duc, était fille de madame de Pléneuf . Celle-ci, belle et galante, avait eu beaucoup d'amants et les avait tous gardés pour amis. Malheureusement madame de Pléneuf n'avait pas su garder l'amitié de sa fille qui, par jalousie et par rivalité, devint au contraire son ennemie la plus cruelle. Parmi les plus fidèles amis de sa mère elle choisit pour