‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 8 sur 422 · PERSECUTION DU COMTE DE BELLE-ISLE · texte numérisé non relu

PERSECUTION DU COMTE DE BELLE-ISLE

victimes deux des plus considérables, le comte de Belle- Isle et M. Leblanc, ministre de la guerre; elle commença par les perdre dans l'esprit, étroit et crédule de M. le Duc, puis ellt' le déchaîna contre eux. Ils avaient compté sur lu cardintd Dubois qui, peu soucieux d'affronter la colère du prince, s'empressa de les lui abandonner. M. le Duc devint tout à coup premier ministre; on les jugea perdus. Us furent arrêtés et traduits en justice sous les imputations les plus odieuses : concussion, faux, détournement de dtuiiers, et pour comble d'horreur, assassinat. Madame de Prie s'était laissé égarer pju' la passion ; en voulant prendre aux accusés tout à la fois leur honneur et leur tète, elle avait cru que la toute-puissance de M. le Duc y suffirait toute seule. Le Faiblement et la Chambre de l'Arsenal ne furent point de cet avis; les juges réclamèrent des preuves qu'on fut bien empt^ché de leur fournir, car tout était faux et controuvé dans raocusation. Le procès finit à la confusion de madame de Prie et à la grande joie des honnêtes gens; mais M. le Duc ne se tint pas pour absolument battu, et ceux qu'il n'avait pas pu faire pendre, il les retint à la Bastille ou les envoya en exil. Le temps vint où révoque de Fréjus, bientôt après cardinal de Fleury, V\ envoya lui-même. Ce fut le triomphe des persécutés : M. Leblanc redevint ministre de la guerre, et le comte de Belle-Isle, pris tout à fait en gré par le cardinal, reçut de lui, comme premier dédommagement de ses peines, le commandement des Trois- Kvôchés.

Tout lui souriait de nouveau. La première et peu regrettable comtesse de Belle-Isle était morte; le comte se remaria, le 13 octobre 4729, à Marie-Casimire-Thé-

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