SOUVENIR D'ANGLETERRE
Thonnéte et du beau dispersés dans les divers États, et comparant le génie des peuples avec leurs lois, et leur histoire avec leurs mœurs, vous conclurez avec notre Pope qu'ici-bas tout est bien... Depuis que vous nous avez quittés, on n'a ni fait ni publié rien de nouveau. Tout le monde est en campagne et nos plaisirs sont plus insipides que jamais. Nos élections ont été, à l'ordinaire, tumultueuses, mais tout s'est arrangé, et le pouvoir de l'or et de la bière forte a disposé, en plus d'un lieu, notre peuple à rendre justice au mérite. Le livre de l'exercice des troupes prussiennes qu'on a traduit et publié ici pourra faire du bruit cet hiver; on en dit du bien, c'est de vous que j'en attendrai le jugement... J'ai relu ce matin cette belle prière universelle de Pope que nous avons admirée ensemble ; je me suis cru avec vous. J'avois sous les yeux la traduction de M. Le Franc etn'en étois pas content. La fantaisie m'est venue de tâcher de faire mieux ; insensiblement ce que vous allez voir est né. Je vous l'envoie par une assez mauvaise raison, c'est que ce n'est pas la première bagatelle que vous recevez de moi. Souvenez-vous cependant quel est l'original que j'imite; je vous exhorte à le relire. Ne me reprochez ni la longueur, ni le désordre de cette lettre. M'avez-vous jamais fait apercevoir que mes visites fussent trop longues? Je m'entretiens encore avec vous; je ne sais comment vous quitter, et je sens, en finissant celte lettre, le même trouble que j'éprouvois en vous disant adieu ^ »
Ce fut seulement à Vienne que le comte de Gisors dut recevoir la lettre et l'envoi poétique du docteur