mai et 6 juin 1754 [3396, no* 412 et
04 LE DOCTEUR MATY.
partout OÙ il a été tous les suffrages, et je n'ai pardessus les autres que la joie avec laquelle je Tai applaudi * . »
Un médecin, savant et lettré, le docteur Maty, né à Utrecht d'un Français, ministre protestant et réfugié, mais devenu lui-même citoyen anglais, s'était pris pour M. de Gisors d'une vive affection pendant le voyage du jeune comte en Angleterre. Le 7 juillet, il lui adressait de Londres à Berlin, où il croyait qu'elle le trouverait encore, une leftre emphatique d'abord et pédante, mais curieuse par le tour des idées et la sincérité du sentiment qui l'anime. « Vous venez de faire bien du chemin, disait-il; transporté dans un autre climat, vous y avez trouvé des hommes et des usages tout différents. Dans le monde nouveau que vous ha- ' bitez, je crains que nos Anglois ne soient regardés comme des espèces de monstres. Ne vous auroit-on point fait faire une quarantaine pour purger les idées républicaines et mercantiles que vous auriez pu contracter chez nous? Du fer au lieu d'or, une discipline exacte, des peuples soumis, un prince passionné pour la gloire et qui manie également bien la lyre et la pique; quel contraste entre ces objets et ceux que vous avez quittés ! C'est Lacédémone que vous voyez au sortir d'Athènes. Je ne doute pas, mon cher comte, que vous ne vous trouviez également à votre aise dans des terres aussi différentes. Vous y démêlerez ces principes de
1. 23 juillet 1754 [339fi , n» 435], — Cardinal de Tencin au maréchal de Delle-lsle, 8 juillet : « Champeaux m'a écrit de Hambourg des merTeilles de M. le comte de Gisors et louà les applaudissements qu'il a reçus dans les différentes cours où il a passé, n — Champeaux au maréchal, Hambourg, 28 juin [3376, n^* 422 et 428].