‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 81 sur 422 · MARIE-THERESE ET L'AUTRICHE · texte numérisé non relu

MARIE-THERESE ET L'AUTRICHE

d'un État aussi puissant lui permettent de perdre des bataiUes et de courir des risques ; il n'en est pas de même de moi. »

Revenant ensuite à Timpératrice : a II faut qu'elle soit bien singulière, cette femme-là ; qu'elle tienne plus de l'homme que de la femme. A-t-elle l'air fort affairé? »

— a Sire, elle travaille du matin au soir, et il n'est pas douteux que si elle étoit également bien secondée par ses ministres, eUe ne fit de très-grandes choses avec la volonté qu'elle a. La façon dont elle s'est conduite dans la dernière guerre prouve son courage et sa fermeté. Quant à ce que j'ai remarqué en eUe, c'est la politesse la plus grande envers tout le monde ; elle m'a paru ne négliger aucune des grâces de son sexe pour enchanter ceux qui lui font la cour. C'est étonnant comme son visage se pare en parlant, et à quel point elle possède le talent de dire des choses obligeantes aux personnes pour lesquelles elle en pense le moins. Au reste elle a besoin de tous ses charmes pour adoucir l'impression que fait sur la noblesse la quantité d'impôts auxquels elle est assujettie, payant au moins le septième de son revenu. Sire, il est impossible que l'impératrice tire plus d'argent de ses États qu'elle n'en tire à présent. »

— « Non, dit le roi, c'est certain ; mais la banque ?» — « Une banque, reprit M. de Gisors, où il est ordonné d'apporter des fonds, comme par exemple aux communautés religieuses et aux tuteurs ceux de leurs mineurs, n'a pas grand crédit. Le remboursement de l'hypothèque qu'ont les Anglois et les Ilollandois sur les mines de Hongrie sera une meilleure ressource. Les Autrichiens tâchent aussi tant qu'ils peuvent de faire fleurir leur commerce, d'établir des manufactures; celle de

Page 1