‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 97 sur 422 · LA GENEROSITE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA GENEROSITE FRANÇAISE

ce que nous ayons, sans vouloir acquérir de nouvelles possessions ^ * De cette leçon hautaine, d'un calme dédaigneux jusqu'à toucher Timpertinence , rapprochons les sentiments que rencontrait dans l'âme du comte de Gisors la première nouvelle d'une insulte faite à son pays. On venait d'apprendre la surprise et la capture, sans déclaration ni provocation, de deux vaisseaux de guerre français dans TAtlantique par l'escadre de l'amiral Boscawen^. « Vous ne sauriez croire, écrivait M. de Gisors au docteur Maty, combien je songe souvent à ces conversations où, après m'avoir fait seotii- la force de votre langue, vous vouliez bien remonter avec moi jusqu'à la source d'où elle découle et au génie de cette nation respectable aux yeux de tout le monde et encore chère aux miens, malgré ses procédés envers ma patrie. Je sens que pour la haïr, je manque de la vertu qui n'appartient qu'aux républiques, où Toifense générale blesse chaque particulier; je n'ai que l'honneur qui exige une réparation et pardonne à celui qui reconnolt son tort'. » Ainsi le comte de Gisors n'avait point de haine contre l'Angleterre, et si, après avoir fait injure à la France, elle consentait à reconnaître son tort, il était prêt à le lui pardonner, de même que si elle se refusait à toute satisfaction légitime, il était prêt à exiger d'elle une réparation par les armes. Chez le jeune gentilhonmie français, le senti-

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