‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 98 sur 422 · MENACES DE GUERRE · texte numérisé non relu

MENACES DE GUERRE

ment est élevé, la fierté sereine, l'expression courtoise; chez le jeune lord, Télévation est remplacée par la hauteur, la fierté par l'orgueil, la courtoisie par une politesse rogue; mais le caractère français se raffine pour ainsi dire avec le comte de Gisors, tandis que le duc de Richmond ne se distingue pas essentiellement du gros de ses compatriotes : il est bien Anglais.

Sans accorder ni refuser satisfaction, le gouvernement anglais entra d'abord en pourpalers ; c'était la période diplomatique de la crise. Au mois de juillet, le maréchal de Belle-Isle était allé pour la première fois à Bizy et à Vernon pleurer sur la tombe de sa femme. ^ a La dernière lettre qu'il m'a écrite était datée de Bizy, mandait M. de Bernstorf au comte de Gisors; j'ai été pénétré de respect pour lui et de douleur en la lisant. Sa juste affliction me paroît augmenter tous les jours, et sans rien prendre sur la force de son esprit et de son âme, il me semble qu'elle prend tout sur sa félicité. Mais peut-être que les nouvelles de l'Amérique le rappelleront plus tôt à la cour. Je le crois, je le crains et je le souhaite... Il suffit d'être homme pour aimer et désirer la paix, mais vous me faites craindre la guerre et je sens que je redouterai trop les dangers auxquels vous aurez part. Je brise sur un sujet où je courrois risque peut-être de vous déplaire, si je vous exprimois combien je souhaite que le feu, s'il s'allume, ne gagne pas au moins le continent de TEurope*. » En effet, avant la fin du mois de juillet, le maréchal de Belle- Isle était rappelé à la cour, et après de longues séances de travail avec le roi et le comte d'Argenson , il allait

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