‹ Le comte de GuicheChapitre 4 sur 9 · POUR MÀDEMOISELLB DE LA YALLIÈRE, NYMPHE DE DIS · texte numérisé non relu

POUR MÀDEMOISELLB DE LA YALLIÈRE, NYMPHE DE DIS

Cette beauté, depuis peu née, Co teint, ces vives couleurs, C'est le printemps avec ses fleuri Qui promet nnct bonne année.

Plus de doute, pensa le comte de Guiche, Benserade croit à la prochaine puissance de cette jeune fille, et veut se donner le mérite de Tavoir prédite le premier. Raison de plus pour me consacrer à elle; et dès-lors il profita des répétitions de ce ballet pour être sans cesse auprès de mademoiselle de Ja Vallièro. On sait à quel prix il obtenait son attention et même sa bienveillance. Le roi, unique sujet de leur conversation, était loin de soupçonner qu'Armand pût plaider pour un outre que pour lui, et il cherchait tous les moyens d'abréger ces entretiens. Tantôt Sa Majesté se levait, passait dans le salon voisin, et cela uniquement pour obliger toute la cour à se lever et à la suivre; tantôt il disait au maréchal de Gramont d'appeler son fils pour lui donner un ordre, et cet ordre n'avait rien d'important; mais il interrompait l'entretien du comte avec la jolie fille d^honneur de Sladame.

Enfin un soir, ayant épuisé tous les prétextes pour éloigner Armand de mademoiselle de la Valliôrc, le roi fît dire au premier, par M. de Saint-Aignan, que Madame voulait lui parler à propos de son entrée de ballet. Le comte se rendit aussitôt à un ordre qu'il aui-ait sollicité comme une faveur insigne. Alors le roi prenant à part M. de Colbert, lui parla quelques moments d'affaires, puis il alla tout naïvement prendre la place que le comte de Guiche venait de quitter auprès de mademoiselle de la Yallière.

— Votre Altesse royale m'a fait l'honneur de me demander) dit Armand à la princesse, après être resté long-

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temps près d'elle à attendre qu'elle lui adressât la parole.

— Moi, répondit Madame d'un air éto'n!3?é et sans quitter des yeux le roi qui venait de s'asseoir auprès de mademoiselle de la Vallière.

— C'est du moins ce que M. de Saint-Aignan est venu me dire, reprit le comte avec embarras; sans cela je ne me serais point permis de...

Gomme en parlant ainsi, il se disposait à se retirer :

— Non, restez là, interrompit la princesse; je veux vous consulter sur mon costume.

— Nous n'avons pas intérêt à ce qu'il vous embellisse encore.

— S'habiller en Diane! Savez- vous bien que cela est téméraire et qu'il faut un goût exquis pour faire passer cette hardiesse.

— Il est certain que si cette fantaisie-là prenait à plusieurs de ces dames, elles ne s'en tireraient pas avantageusement, dit le comte en désignant quelques femmes assez laides; mais vous, madame, que ne pouvez-vous tenter avec stiJcès!

— Vouf avez une trop grande idée de ma puissance, monsieur le comte, et vous prenez mal votre moment pour la vanter; car depuis quelques jours rien ne me réussit, ajouta la princesse en répondant à sa pensée.

— C'est que Votre Altesse veut l'impossible.

— Qu'en savez-vous?

— Je sais que la beauté et Pesprit peuvent tout, excepté de rendre un égoïste infidèle à lui-même.

Un mouvement que fit la princesse laissa, pendant quelques instants Armand dans le doute de savoir s'il devait ou non continuer ; mais profitant de la rêverie où Madame s'abandonna :

— Il est une supériorité, ajouta-t-il, qui défie le rang, la puissance et tous les autres dons du ciel : celle de l'âme. Celui qui la possède est seul digne de vous comprendre, madame ; seul digne d'aimer ce que Dieu a fait de plus adorable.

— C'est dommage que les meilleures âmes ne soient pas à l'abri de ces crises d'amour-propre, dont le résultat amène souvent l'humeur et la désuùioTl.

^ Là où IHimôur-propre t 1b dessas, les a«freâ^ MM*

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