LE COMTE DE LA TOURATLLE
pas d'enfants du premier mariage, mais il en eut huit du second, entre autres : -
1° Vincent de Larcher de la Vallée, qui fut tué par les Chouans, en 1795, ayant eu de Louise-Véronique le Borgne : deux fils, morts sans postérité, l'un dans la retraite de Russie, en 1813, l'autre à l'Ile Bourbon;
2° Louis-Armel, qui suit;
3° Charles de Larcher, prêtre, qui demeurait à Chardonnet, près de Ploërmel quand il dut émigré?, le 2 juillet 1792; il mourut en émigration;
4° Perrine de Larcher qui épousa Claudz Nicole, dont elle eut postérité;
5° Joseph de Larcher, qui épousa à Ploërmel, Jeanne Grandin, et eut :
A) Jean Pierre Larcher, armurier à Ploërmel, qui eut de Reine Glond : demoiselle Larcher, qui épousa M. de la Motte du Portai;
B) Etienne Lafcher;
6° Jean-Françoïs de Larcher, Lieutenant a l armée Catholique et Royale de Bretagne, dans la division de Troussier; lé en 17 76, il assista à la bataille de Goetlogon, où fut tué, le 16 juillet 1795, le chevalier de Tinté niac, dont il attesta le décès dans l'enquête faite à ce sujet à Ploërmel, le 4 mar , 1826. Il était alors marchand à Ploërmel.
Xï 11° Louis-Armel de Larcher de la Vallée, épousa, en 1795, Ursule Raulin, qui mourut, en 1819, ayant eu :
1° Marie-Louise de Larcher, morte sans alliance en 1819;
2° Lous-Marie-Vincent, qui suit; 3° Pierre-Marie de Larcher, employé aux Ponts :t Chaussées né à I loërmel, le 18 juin 1800, mort le 12 décembre 1842; 4° Aubin de Larcher, mort jeune;
5° Marguerite Françoise de Larguer, née le 17 février 1806, morte sans alliance, le 16 novembre L84J :
6° Honorât-Frédéric de Largher, né* l»1 5 décembre 1807, qui épousa Naninede Kersauzon, fille de Louis- Laurent, chevalier, châtelain de ht Verrière, <it de Marie- Ange Frain de ta Villegonthien, donl il nVut pas de postérité;
7°Thérèsi -Marie de Larcher, née le L2 janvier 1810, morte sans alliance;
8° Marie-Jeanne-Julienne de Largher, morte en bas âg«-.
9° FULGEN( E-Loi [S-MARIE DE LARGHER, COMMIS- SAIRE de Marine, né le Ier mai L814, moii à Cayenne, sans | ostérité.
XIV0 Louis-Marie-Vincent de Largheb de la Valli châtelain de Beauchesne di Ponceau; né à Ploermel,
le 21 mars 1798, il épousa : L°, en 1824, Eugénie du Bois de la Ferronière, dame de Beauchesne, au Loroux-Bottereau, diode Nantes, qui mourut en décembre 1828; 2°, le 15 septembre 1843, Marie-Odile Ton blanc, dame du Ponceau. en Ligné, née en 1820. Il mourut Le 9 février 1856; et sa veuve mourut à Nantes, le 4 mars 1895. Il n'avait eu du premier mariage qu'une fille :
Henriette-Marie-Louise de Larcher, née en 1825, morte sans alliance, l<i 4 janvier L843;
Il eut du second mariage sis enfants :
1° Odilk-Marie-Louise de Larcher, née le I! août L844, morte sans alliance, le 26 mars 1866;
2° Henriette-Laure-Marie le Larcher, dame de Beaughesni née l< L6 septembre L845, qui épousa, le 5 mars L872, Arthur- Joseph- Marie du Boisguéhenm capitaine de Cavalerie, chevalier de la Légion a^honneur^ maire du Loroux-Bottereau, aé à Nantes, en !> Is de
James-Arthur, lieutenant de vaisseau, chevalier de la Légion d'honneur, et fie Léocadie Le l I" Troehardû
dame du Rouvre, de Tansenoux, de la Champagnère. Ils habitèrent le château de Beauchesne, où Mme Arthur de Boisguéhenneuc est morte, le 13 mars 1906, sans laisser de postérité;
3° Louis-Marie, qui suit;
4° Marie-Anne de Larcher, née le 14 septembre 1849, qui a épousé Pierre de Cour son de Kerleau;
5° Mathilde-Marie de Larcher, née le 14 septembre 1849, jumelle de la précédente, qui épousa, le 5 mars 1872, le même jour que sa sœur Henriette, Rogatien-Charles- Marie du Boisguéhenneuc, né en 1848, frère d'Arthur; il est mort à Redon, le 4 avril 1893; et elle est morte à Nantes, le 2 mars 1895, ayant eu : 1° Charles- Louis- Marie du Boisguéhenneuc, né le 12 janvier 1873, qui a épousé, à Montmorillon, le 29 août 1901, Yvonne Goudon de la Lande de l'Héraudière, dont postérité; 2° Rogatien- Marie du Boisguéhenneuc, né le 4 janvier 1874, qui a épousé, à Montreuil-Belfroi, le 27 mai 1903, Generiève le Segrétain du Pâtis; 3° Anne- Marie du Boisguéhenneuc, qui, née le 30 janvier 1875, a épousé au château de Beauchesne, le 30 mai 1905, Léon de Beugny d'Hagerue; 4° Mathilde-Marie du Boisguéhenneuc, née le 18 septembre 1876, qui a épousé, à Haute-Goulaine, le 11 avril 1907, Stanislas le Hir du Rumeur; 5° Donatien-Marie du Boisguéhenneuc, né le 6 janvier 1879; qui a épousé en avril 1910 Yvonne de la Fleuriaye ; 6° Jean- Joseph- Marie du Boisguéhenneuc, né le 24 juin 1880;
6° Paul-Marie de Larcher, né le 8 avril 1884, marié strns enfants.
uin 1847,
XV° Louis-Marie de Larcher, né le 12 j mort sans alliance, en 1896.
Nota. — 11 exista d'au 1res familles Larcher, en Bretagne, en Normandie, en Berry, en Bourgogne et à Paris.
Le* Larcher, de Bretagne, possédèrenl dans le pays de Fougères les terres des Landelles, en Thorigné; du M \x, en Fougères; de la Bigai du re, <in Parigné; de Loi rière, en Bazouge-du-Déserl .
Les Larcher, de Normandie, vivaienl à Caen aux xvie
et \\ir sir- It'S.
Les Larcher, du Berry, de Bourgogne el de Paris, furent seigneurs de Chatillon, d'Olisy, de Pocancy, marquis d'Estern \v et de Bi ge; un des membres <l<i cette famille : Pierre-Henry Larcher, né à Dijon, Le 12 octobre L726, fut un littérateur et un helléniste très érudit; il fui l'un des adversaires de Voltaire; il fui admis, en L778, à l'Académie «les Belles-Lettres <l<i Dijon, dont faisait également partie le comte Larcher de la Touraille; il mourut le 22 décembre 1812. En 1767, Voltaire, ayant écrit un violent pamphlel contre Larcher, intitulé « la Défense <l<i mon onde », Larcher avait répliqué par la « Réponse à la Défense <!<* mon oncle », spirituelle brochure, à laquelle l'homonyme de M. Pierre Larcher, Chrysostome Larcher, comte de la Touraille, avait cru devoir riposter par une lettre du Ier janvier 1768.
1° Visite en 1738 du « Petit du Bois-du-Loup »
à Madame la Présidente
de Gornulier au château de Lézonnet
L'ouvrage du comte de la Touraille, i f l t î i 1 1 1 1 * Recueil de
\té et de philosophie^ étanl devenu très rare, il me semble intéressant de relater ici, comme échantillon de son style, le récit de la visite qu'il lit vers L738 à la présidente <le Cornulicr, à son château de Lézonnet, près de Ploërmel, récit qui est contenu dans une do ses lettres à la duchesse de Rohan, datée de Paris le 12 octobre 1749 :
« A Madame la duchesse de Rohan.
« Vous voulez donc Madame la duchesse, égayer un peu votre jeune société de la petite relation que je vous fis, un jour, de mon entrée dans le monde?
« Ce récit vous lit rire; le souvenir vous en plaît encore: mais je vous préviens que, pour bien faire, il faut que ces niaiseries soient contées et non écrites: elles n'en valent d'ailleurs pas la peine.
« Je vais prendre mon historiette dans son point originel, car je crois que. pour bien entendre une relation, il faut, pour ainsi dire, se placer à côté de sa source.
e Vous saurez donc, Madame la duchesse, que mon pauvre e, dix-huitième cadet d'une noble et Indigente maison de
Bretagne, se retira du service sous la Régence, après avoir été longtemps capitaine des dragons dans les sanglantes et désastreuses guerres de Louis XIV.
« Le Régent lui fit donner une gratification annuelle, qui n'a jamais été payée qu'en papier de Law, c'est-à-dire en monnaie de singe. Vu l'épuisement des finances de l'État, on ne donnait pas alors de retraite aux capitaines. Mon père fut fait lieutenant-colonel, ensuite brigadier; et n'en fut pas plus riche. Cela ne l'empêcha pas de se marier. I /hymen ne le traita pas mieux que la guerre. Un procès le ruina; mais sa vertueuse compagne lui donna, pour consolation, un présomptif héritier, qui devait, un jour, Madame la duchesse, vous faire rire par le récit de ses débuts dans la société chez une présidente à Mortier au Parlement de Bretagne.
« Mon père, qui sentait son défaut d'éducation, me fit donner un précepteur, c'est-à-dire un paysan apprenti-prêtre, qui me mit en état d'entrer au collège des Jésuites de Rennes, en 1732. Observez, Madame la duchesse, que le brigadier de dragons, qui craignait plus le feu d'un procès que celui d'une bataille, avait imaginé que j'apprendrais dans mes classes le droit et la coutume de Bretagne, pour le défendre des griffes de la Chicane; et, quand il fut désabusé, il me retira bientôt de mes études, qui, disait-il, ne m'apprenaient que des sottises.
« Il n'avait pas tout à fait tort, car je me souviens que, pour me faire honneur de mon savoir, j'écrivis un jour à ma mère, qu'affligé de l'avoir quittée, « les larmes de mes yeux ressemblaient aux torrents qui tombent des montagnes, à la première fonte des neiges. »
« J'avais écrit ces belles choses-là sous la dictée de mon Régent. Alors mon père arriva bien vite pour savoir si j'étais fou ou malade. Il me demanda pourquoi je mandais à ma mère que j'avais des « montagnes de neige fondue dans les yeux »? Je lui répondis que c'était une figure de rhétorique, nommée hyperbole. D'après cet aveu, il me fit revenir au logis paternel, et me mit sous la férule d'un autre pédagogue, prêtre et vicaire de ma paroisse.
I . pendant mes lions parents commençaient à devenir vieux <>t infirmes; ils vivaienl re1 irés du monde, dont je n'avais nulle idée.
a II fallut toutefois me charger d'une mission, délicate pour mon âge, et difficile pour L'ignorance villageoise dans laquelle j'avais vécu.
« Il s'agissait d'aller remercier une présidente du voisinage (1), qui avait pendu des services à la famille de ma mère (2), dans un procès considérable qu'elle venait de gagner au Parlement.
« Cette présidente était très riche et menait un grand train de maison.
« Je fus prévenu de bout oe que j'allais voir et de tout ce que je devais dire. Mon ambassade me tourna la tête; et je me préparai à partir le lendemain matin.
« On employa boute la Boirée à me siffler mon compliment, chef-d'œuvre de mon précepteur. On me mit des papillotes, cimentées avec du blanc d'œuf, pour courber irrésistiblement la rectitude de mes cheveux. On me dit que je monterais Jeanle-Cerf, le beau palefroy de mon ché-père, et qu'en lin je serais armé de son épée d'argent.
« Vous croyez facilement, Madame la duchesse, que je ne soupai ni ne dormis de joie et d'impatience. Je répétais sans cesse mon compliment. Le jour parait enfin; et me voilà sur la route, portant entre les deux épaules une tête grosse comme une oitr ouille.
« J'entendis, sur mon chemin, les paysans s'écrier : « Mon Dieu, la belle grosse perruque qu'a là nôtre jeune seigneur! »
« Cependant, en entrant dans les avenues du riche château où j'allais représenter (3), j'éprouvai quelques inquiétudes.
(1) C'était Marie- Anne Perret de la Tronchay i h Glévilly, de lu \ illèaubert, de la Tronchaye, né en 1701 lil épousé en 1717 Charles René, Ct0 de Cornulier, préî idenl à mortier au Parlement de Bretagne, mort en r::x.
(2) La famille Gaillard.
c>) Château de Lézonnet,en Loyat, à environ 5 kilomètre! au Nord de Ploërmel, e( ,1 i -2 kilomètre ■ de la Touraille.