‹ Le comte de MontecristoChapitre 41 sur 52 · LA HAISOK DES ALLEES DE HËILLAK. MS · texte numérisé non relu

LA HAISOK DES ALLEES DE HËILLAK. MS

ce paji? — J'ai à pleurer sur la tombe de mon pire , » répondit sourdement Horrel. <• — C'est bien, allez et attendezmoi là-bas ; je vous y rejoindrai. — Vous me quittez? — Oui... moi aussi j'ai une pieuse visite à faire, n

Horrel laissa tomber sa main dans la main que lui tendait le eomte, puis, avec un mouvement de tét« dont il serait imposeiUe d'exprimer la mélancolie, il quitta le comte et se dirigea vers l'est de la ville.

Hontecristo laissa s'éloigner Maximilien , demeurant au même endroit jusqu'à ce qu'il eût disparu, puis alors il s'achemina vers les allées de Meillan, afin de retrouver la pfrtite maison que les commencements de cette histoire ont dil rendre familière à nos lecteurs.

Elle s'élevait encore à l'ombre de la grande allée de tilleuls qui sert de promenade aux Marseillais oisifs, tapissée de vastes rideaux de vigne qui croisaient sur la pierre jaunie par l'ardent soleil du Midi leurs bras noircis et déchiquetés par l'âge. Deux marches de pierre, usées par le frottement des pieds, conduisaient à la porte d'entrée, porte faite de trois planches qui jamais, malgré leurs séparations annuelles, n'avaient connu le mastic et la peinture, at* iMidant patiemment que l'bumidité revint pour les rapprocher.

Cette maison , toute charmante malgré sa vétusté, touta jt^euse malgré son apparente misère, était bien la même quliabitait autrefois le père Dautès. Seulement le vieillard habitait la mansarde, et le comte avait mis la maison tout entière à la disposition de Mercedes.

Ce fut \h qu'entra cette femme eu long voile que Hontecristo avait vue s'éloigner du navire en partance ; elle en fermait la porte au moment même où il apparaissait k l'angle d'une rue, de sorte qu'il la vit disparaître presque aussitAt fUSl la retrouva.

Pour lui les marches usées étaient d'anciennes connaistinoee ; il ssvait mieux que personne ouvrir celte vieille

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su LE COHTE DE HONTECBISTO.

porte, dont ud clou à lai^e tête soulerait le loquet iatërienr. Aussi ealra-l-il, sans frapper, sans pr^Tenir, comme un ami, comme un tiàte.

Au bout d'une allëe pavée de briques s'ouvrait, riche de chaleur, de soleil et de lumière, un petit jardin , le même où, à la place indiquée, Mercedes eTait trouvé la somme dont la délicatesse du comte avait fait remonter le dépôt k Ting^qualre ans; du seuil de la porte de la rue on apercerait les premiers arbres de ce jardin.

Arrivé sur le seuil, Montecristo entendit un soupir qui ressemblait ii un sanglot : ce soupir guida son regard , et sous un berceau de jasmia de Virginie au feuillage épais et aux longues fleurs de pourpre, il aperçut Mercedes assise, inclinée et pleurant. Elle avait relevé sou voile, et seule à la face du ciel, le visage caché par ses deux mains, elle donnait librement l'essor à ses soupirs et i ses sanglots si longtemps contenus par la présence de son fils.

Montecristo fit quelques pas en avant; le sable cria sous ses pieds. Mercedes releva la tète et poussa un cri d'effroi en voyant un homme devant elle. » Madame, » dit le comte. Il il n'est plus en mon pouvoir de vous apporter le bonheur, mais je vous offre la consolation : daigner ei-vous l'accepter comme vous venant d'un ami ? — Je suis en effet bien malheureuse, u répandit Mercedes ; « seule au monde... Je n'avais que mon fils, et il m'a quittée. — Il a bien fait, madame , » répliqua le comte , ■ et c'est un noble cœur. Il a compris que tout homme doit un tribut A la patrie ; les uns, leurs talents ; les autres, leur industrie ; ceux-ci, leurs veilles ; ceux-là , leur sang. En restant avec vous , il eât usé près de vous sa vie devenue inutile; il n'aurait pu s'accoutumer h vos douleurs. Il serait devenu haineux par impuissance : il deviendra grand et fort en luttant contre son adversité qu'il changera en fortune. Lnissez-le reconstitoer votre avenir h vous deux , madame ; j'ose vous promettre qu'il est entre de sûres mains.— Oh! » dit la pauvre femme

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