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olevôes par la Révolution, en ayant jiardc, malgré TEmpire, le souffle et l'empreinte, tous les contemporains l'ont constatée.
« On ne veut aujourd'hui que des hypocrites, écrivait à son tour le duc de Dondeauville; les soldats sont envoyés par ordre faire le jubilé. N'est-ce pas une absurdité? Si ce n'était que cela? La cérémonie d'aujourd'hui m'afflige... »
Tous les moyens employés étaient directement contraires au but qu'on poursuivait. Les nominations de Mgrs Lalil et de Clermonl-Tonnerre, comme ministres d'État et mcmbres'du conseil privé, après un mandement que le ministèi'e avait blâmé, étaient auN yeux mêmes des royalistes, des fautes irré- ))arables. Les résistances provoquées étaient à la veille de se transformer en attaque.
Au-dessus des faits, il y avait aussi une doctrine, et à cette date des années 1825 et 1826 cette doctrine était représentée par un écrivain de premier ordre, d'une opiniâtreté égale à son ignorance des hommes et des choses humaines. C'est la raison (l'être de ces esprits absolus et hautains. C'est la condition de leur influence sur les imaginations. Certes, l'école théocratique existait, lorsque parut Lamennais. La i-éaclion contre la philosophie
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(lu XYiii- siècle et contre l'œuvre capitale de la RévolutioD, la sécularisation de la France, avait fait renaître chez Joseph de Maistre et de Bonaid, cette théorie déjà ancienne que la société civile et la société religieuse doivent être liées pa des nœuds indissolubles, de manière que l'État et le catholicisme soient incorporés et ffle le sacerdoce 3oit en définitive l'arbitre suprême de toute chose. \ .On sait avec quel éclat, avec quelle puissance et souvent quelle supériorité de forme, ces idées avaient été exposées et soutenues. L'originalité de Lamennais, ce qui le sépare de ses deux précurseurs, c'est quïl fut plus uUramontain que Bonald etmoins monarchiste queJosephne Maistre. Ronald disait que le pape n'était pas le roi de la société religieuse; qu'il n'en était que le connétable ; qu'il y avait au-dessus de lui une autorité extérieure, celle du concile général. Lamennais allait plusloin.
Ce n'est pas dans VE&sai sur V indifférence qu'il faut aller chercher les conditions que Lamennais donnait pour base à la société politique, c'est dans sa correspondance et dans deux li\Tes qui ne sont pas assez lus ; l'un intitulé : La religion conbidérée dans ses rapports avec F ordre politique et
civil, et l'autre : Des progrès de la Révolulion et de la guerre contre l" Église.
Nous ne parlerons que pour mémoire du pamphlet publié sous le titre de : Réflexions sur le procès du Constitutionnel et du Couniei-.
Gomme tous les penseurs qui ont été audacieux, comme Pascal, comme Rousseau, Lamennais avait relativement peu lu. Beaucoup de lectures et le développement du sens critique sont loin d'être nécessaires pour remuer le monde.
La déclaration de 1G8-2, avec ses deux articles essentiels, consacrant l'indépendance de la sou" veraineté temporelle et la supériorité des conciles généraux sur le pape, tel fut l'ennemi que le rude Breton cribla sans cesse de ses coups.
Le trallicanisme n'était plus de taille à résister à un pareil athlète. Il comptait plus d'adhérents parmi les laïques qu'au sein du clergé catholique. Les vieux prêtres et les évêques revenant de l'émigration avaient sans doute gardé les traditions de l'ancienne Église de France, dans laquelle ils avaient été élevés ; mais le nouveau clergé, ces jeunes abbés qui étaient rentrés dans les ordres sous la Restauration, étaient animés d'un tout autre esprit. La Révolution, à leurs yeux, avait
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modilié les relations de l'Église el de l'Élut. Une union intime et étroite avec le saint-siège était désormais pour eux une nécessité, et une complète liberté d'action devait être rendue au catholicisme. La Charte l'ayant proclamé religion de l'État, les prérogatives découlant de ce titre ne pouvaient lui être refusées. On reconnaissait l'influence des écrits de l'auteur des 5oirces de Saint-Pétersbourg.
C'est à ce public, préparé déjà, que s'adressèrent les premiers livres de Lamennais, c'est ce public qu'il passionna, transforma, et qui ne l'abandonna qu'aux heures où, dans son obstination et sa colère, il rompit violemment avec l'enfant qu'il avait élevé.
Pour résister à un si redoulable assaut, les maximes gallicanes, au lieu des parlements, avaient en face une magistrature imprégnée sans doute de respect pour elles, mais se renouvelant par des choix au gré des influences de cour, et ne pouvant plus longtemps garder l'esprit de corps. Au lieu de Bossuet dans l'épiscopat, elles avaient pour défenseur Mgr de Frayssinous. La rhétorique aimable, la parfaite convenance, le ménagement des personnes, les qualités élégantes et distinguées, ne pouvaient pas lutter victorieuse-