‹ Le comte de Montlosier et le gallicanismeChapitre 17 sur 36 · LE COMTE DE MONTLOSIEK · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MONTLOSIEK

cordée à la propagation des doctrines irréligieuses.

Ce fut pour le barreau une étonnante période de popularité. L'opinion publique, pendant ces années extraordinaires, tut conduite par des avocats; même sous la monarchie de juillet, ils n'atteignirent pas à ce degré d'influence politique, tant ils correspondaient alors aux instincts et aux méfiances, aux colères et aux froissements de la bourgeoisie française.

Quelle devait être la surexcitation des classes moyennes, lorsqu'on entendait un homme de la gravité, de l'éducation, du caractère de M. le duc de Broglie, s'écrier à la Chambre des pairs :

'( Parlons à cœur ouvert. Il y va de bien d'autre chose. Cette loi (il s'agissait du projet sur le droit d'aînesse) n'est pas une loi, c'est une déclaration de principes, un manifeste contre l'état actuel de la société, une pierre d'attente, le préliminaire de vingt autres lois, qui, si votre sagesse n'y met ordre, vont fondre sur nous, tout à coup, en ne laissant ni paix ni trêve à la société française, telle que les quarante dernières années nous l'ont laite. Ce qu'il est question de ressusciter en ce moment, c'est l'inégalité des conditions par amour pour elles-mêmes, c'est l'inégalité légale entre les

diverses branches d'une même famille, entre les diverses natures de propriélé; c'est l'inégalité en tout, à titre non plus d'exception, mais de droit commun. La France, telle qu'elle se poursuit et comporte, n'est plus selon le cœur de ceux qui disposent de ses destinées. L'état de nos idées et (le nos habitudes, l'état intérieur et domestique du pays, a été trouvé démocratique et, partant, ignoble, bourgeois, de mauvais exemple. »

La célébration dujubilé annoncée par un mandement de l'archevêque de Paris, qui s'élevait contre les doctrines pestilentielles, n'avait fait qu'accroître le mécontentement général. Charles X, fidèle à ses convictions religieuses, avait cru devoir, à la suite d'un nombreux clergé, parcourir solennellement les rues de Paris. Ce tact, qui consiste à ne pas confondre l'homme et le souverain, il ne l'avait pas eu. « Nous suivions le roi, a écrit plus tard M. de Villèle, et pouvions bien en juger. On aurait lu dans tous les yeux que la population souffrait de voir son roi suivre humblement les prêtres. Il y avait moins d'irréligion que de jalousie et d'animosité contre le rôle que jouait le clergé. »

Cette impression produite sur des générations

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