‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 16 sur 82 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

HAYDEE, MONTE-CRISTO.

UAYDÉE.

Pourquoi me fais-tu donc demander la permission d'entrer chez moi? N'es-lu donc plus mon maitre, ne suis-je donc plus ton|esclave? MOME-CBisio, s'avaHi.ant.

Vous savez, Haj dée , que nous sommes en France?

UAYDÉE.

Pourquoi ne me parles-tu pas comme d'habitude? Ai-je commis quelque faute? En ce cas il faut me punir et non pas me dire vous.

MONTE CmSTO.

Haydée, tu sais que tu es en France, et par conséquent que tu es libre.

ILIYDÉE.

Libre de quoi faire ?

MONTECRISIO.

Libre de me quitter.

HAVDÉE.

Et pourquoi le quitterais-jc ?

MO.ME CRISIO.

Quesais-je, moi? Nousallons voir le monde.

UAYDÉE.

Je ne veux veir personne.

MOME-CmSIO

Etsi, parmi les beaux jeunes gens que tu vas rencontrer, il y en avait quelqu'un qui te plut, je ne serais pas assez injuste...

HAYDÉE

Je n'ai jamais vu d'homme plus beau que toi , et je n'ai jamais aimé que mon père et toi.

Pauvre enfant! C'est que tu n'as guère jamais parlé qu'à ton père et à moi.

UAYDÉE.

Qu'ai-je besoin de parler à d'autres? Mon

père m'appelait sa joie, tu m'appelles ton amour, et tous deux vous m'appelez votre enfant.

Tu te rappelles ton père, Haydée?

UAYDÉE.

11 est là?

MOKIECUISTO.

El moi, où suis-je?

HAVORE.

Toi, tu es partout.

(Monte-Cristo veut lui bai-cr la main; elle lui pré.sento son front.)

MOME CBISTO.

Maintenant, Haydée, tu sais que tu es libre, que tu es maîtresse, que tu es reine. Tu peux garder ton costume ou le quitter, à la fantaisie. Tu resteras quand tu voudras rester. Tu sortiras quand tu voudras sortir. H y aura toujours une voiture attelée pour toi. Ali et Myrlho l'accompagneront partout et seront à tes ordres. Seulement, une seule chose, je le prie.

UAYDÉE.

Dis.

M0>TE-CR1ST0

darde le secret sur la naissance; ne dis pas un mot de ton passé; ne prononce devant per sonne le nom de ton illustre père, ni celui de ta pauvre mère.

UAYDÉE.

Je te l'ai déjà dit, seigneur, je ne verrai personne.

Ecoute, ma fille. Cette réclusion tout orientale sera peut-être impossible à Paris. Continue d'apprendre la vie de nos pajs du nord comme tu l'as fait à Florence, à Rome, à Milan et à Madrid; cela te servira toujours , soit que tu continues à vivre ici ou que tu retournes en Orient.

UAYDÉE.

Où que nous retournions en Orient, \euxtu dire, n'est-ce pas, monseigneur?

M0.>TE-CRlsT0.

Olil lu sais bien que ce n'est jamais moi qui te quitterai- Ce n'est point l'arbre qui quitte la fleur, c'est la tleur qui quille l'arbre.

UAYIiÈE.

Je note quitterai jamais; car, j'en suis sùrc, je ne pourrais vivre sans toi.

MONTE-CniSTO.

Pauvre enfant! tu dis ce que tu penses à cette heure; mais dans dix ans je serai vieux, tandis que toi , daps dix ans , tu seras toute jeune encore.

UAYDÉE.

Mon père, Ali Tebelin, avait une longue barbe blanche, cela ne m'empêchait pas de

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