‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 17 sur 82 · ACTE I, II' TABLEAU, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, II' TABLEAU, SCÈNE IV

l'aimer. Mon père, AU Telielin, avait soixante an-; et il me paraissait plus beau que tous les jeunes gens que je voyai?.

MONTE-CniSTO.

Crois-tu que tu t'habituera? ici ?

HAYDKE.

Te verrai -je ?

MOSTE-CRISTO.

Tous les jours.

U.IÏDÉE.

Eh! bien, que me demandes-tu donc, seigneur?

MOSTE-CBISTO.

Je crains que tu ne t'ennuies.

HAYDKH.

Non, car, le matin, je penserai que lu viendras; le soir je me rappellerai q le tu es venu. D'ailleurs, quand je suis seule, j'ai de riches souvenir.<. Je revois d'immenses tableaux, de grands horizons avec le Pinde et l'Olympe dans le lointain; puis j'ai dans le cœur trois sentimens avec lesquels on ne s'ennuie jamais, de la tristesse , de l'amour cl de la reconnaissance.

MONTE r.RISTO.

Tu es une digne Glle de l'Epire, Haydée, gracieuse et poétique, et l'on voit que tu descends de cette famille de déesses qui est cée dan< ton pays. Sois donc tranquille, je ferai en sorte que ta jeunesse ne soit point perdue, far, si tu m'aimes comme tu aimais Ion père, moi, je t'aime comme mon enfant.

H.4YDÈE.

Tu te trompes, je n'aimais pas mon père comme je t'aime. Mon père est mort, et je ne suis pas morte; tandis que toi, si tu mourais, je mourrais.

Tu m'as dit que tu te rappelais ton père, Maydée?

Page 1