ACTE I, IV TABLEAU, SCftNI- Vf
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et je me reproche maintenant d'avoir tir si cruellement indiscret.
MOXTE-CRISTO.
Ce n'est rien. Haydée est une femme courageuse, et elle a souvent trouvé du soulagement dans le récit de ses douleurs.
UAVDÊE.
Parce que mes douleurs me rappellent les bienfaits, monseigneur.
AIEERT.
Un jour, comte, vous me direz, n'est-ce pas, comment la petite Clle de A'a^iliki devint votre esclave.
Elle va vous le dire elle-même.
DAYDÉE.
Tu le veux ?
Je t'en prie.
IIAVDKE.
On nous mena, ma mère et moi, devant le chef des troupes du sultan. Tue- moi, dit ma mère, mais épargne l'honneur de la veuve du -■iultan .\li. — Ce n'est point à moi qu'il faut tadresser, répondit le seraskier. — Et ù qui donc ? demanda ma mère. — A ton nouveau maître. — Quel est-il? — Le voici. — Et le seraskier nous montra le traître qui avait vendu mon père au sultan, celui-là qui avait véritablement tué mon père.
ALBERT
El alors vous devîntes la propriété de cet infime?
nATDÉF..
Non, il n'osa nous garder. Il nous vendit à des marchands d'esclaves qui allaient à Constantinople. Nous traversâmes la Grèce et nous arrivâmes mourantes à la porte Impériale, encombrée de curieux qui s'ouvraient pour nous laisser passer. Quand tout à coup ma raère lève les yeux, jette un cri et tombe en me montrant une tète nu-dessus de cette porte. Au-dessus de cette tète étaientécrits cesmots: Cette tète est celle d'Ali Tebelin, pacha de Ja nina. J'essayai en pleurant de relever ma mère. Elle était morte !
Je fus menpe au bazar. Un riche Arménien m'acheta, me fit instruire, me donna des maîtres, et, quand j'eus treize ans, m'a vendue au sultan Mamhoud.
Auquel je la rachetai, je vous l'ai dit, pour une émeraude pareille à celle où je mets mes pilules de hatschich.
nAVDÉE.
Oh! tu es bon, tues grand, monseigneur, et je suii bi^n heureuse de l'appartenir.
LF C03ITE liE MilBCERF.
Achevez donc votre tasse de thé, Albrrt, l'histoire est finie.
ALBERT
Oh ! c'est odieux. Et cet homme, cet infime, ce traître, ce misérable qui vous a vendue al-il élé puni, au moins?
Non, mais il le sera.
BEliTlCCIO.
Excellence !
MONTE-CniSTO.
Qu'y at-il'
BERTUCCIO
-M. le comte de Morcerl demande si votre excellence est visible?
Votre père, Albert?
ALBERT
Oui, il Vient vous inviter, je pense, à une soirée que donne, après-demain, ma mère.
MONTE-CRI.STO
Allez le recevoir au salon, Albert, je vous suis.
ALBERT
Mais Haydés ?
Soyez tranquille.
ALBERT
Ah ! pauvre et noble créature !
MONTE-CBiSTO à Bertuccio.
Où est le comte ?
BERTUCelO.
A la porte, dans sa voiture.
MONTE-CniSTO.
Faites-lui traverser la cour à pied, allez.