‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 5 sur 82 · LE VALET DE CHAMBRE · texte numérisé non relu

LE VALET DE CHAMBRE

XL le marquis de Gliateaubrun !

0O^«0O«0OO«.iCOOCOO<K>OC«COOOOO0OCOSO000ÇO09O00&0C0os

SCKNE IV.

Les MiljiES, CHATEAl'BRl.N.

BEAVCHAMP.

Bon, voilà le gentilhomme, nous n'atlendons plus que le voyageur

DEBR.AV.

Comment! Chateaubrun '? mais je le croyais en Afrique.

CUATEAIBHIN.

J'arrive d'hier, mon cher M. Debray.

ALBERT

Et je vous l'offre aujourd'hui. On ne peut pas servir plus chaud, j'espère.

CH.VTEACBRIX.

Bonjour, Albert, bonjour M. de Beauchamp, j'ai à vous remercier

EEACCUA.MP.

Moi !

CU.ITEAUERUX.

Oui, vous m'avez consacré un entrelitet et quand cela ne nous déplaît pas très fort, cela nous flatte beaucoup, nous autres gens du monde.

BEAIC1IA.«P.

Je crois bien. M. le marquis pari t-n ama-

leur, pour regarder, les bras croisés, la prise de i Constanline; on ne prend pas Consiantine, on bat en retraite, monsieur décroise les bras et fait des prodiges.

CllATEAlïIllM

Oui, mais il y a un homme qui a fait de plus grands prodi{:e3 que moi puisqu'il m'a sauvé, et celui là vous n'en dites pas un mot.

BE.kICU.l.MP.

Ail! oui, M. Maximilien Morrcl, un capitaine de spahis, qui est arrivé comme deu.\ Arabes, (notez que monsieur en avait déjà tué quatre,) qui e.-t arrivé comme deux Arabes s'apprêtaient à vous chicoter le cou. Pourquoi diable! en parlerai-je? c'est un soldat, lui, il n'a fait que son métier. cbateaibucs.

C■e^t égal, mon cher, à l'occasion, je vous le recommande, et à vous aussi, mon cher Uebray.

DEIIR.VV.

Mai? moi, je suis à l'intérieur et cela regarde la guerre.

BEAICUAMP.

Bah! entre ministres...

DEBBAY.

De sorte que vous voilà, n'est-ce pas? Bon! nous n'attendons plus que le voyageur.

BEAICUAMP.

Il est dix heures un quart.

ALBERT

.l'ai demanda; grâce jusqu'à dix heures et demie. Ditei-àon:, Ghateaubrun, vous eussiez dû nous amener \ol.-c sauveur, je l'eusse mis en face du mien.

CUATEAIERIIX.

Votre sauveur, AlbeitV vous avez donc été sauvé aussi, vous?

DEBRAV.

Comment ferons-nvus pour récompenser ces deux bienfaiteurs de l'iiumanité, nous n'avons qu'un prix Monthyon'i'

CHATKAIDRV>'.

El de quelle partie du monde nous arrive ce snuveur'?

ALBERT

En vérité, je serais fort embarrassé pour le dire. Quand je l'invitai, voilà tantôt deux ans, il était à Rome; mais qui peut dire le chemin qu'il a fait depuis ce temps-là'/

CBATEAUBRIN.

Ah ça! mais, c'est donc le Juif-ErranI'?

ALBERT

Peut-être bien.

DEBRAV.

Le croyez-vous capable d'être exact , au moins?

ALBERT

Je le crois capable de tout.

BEAIXIIASIP.

Faites attention qu'avec les cinq minutes de grâce demandées, nous n'avons plus ([ue dix minutes.

ALBERT

Kli bien! j'en proQterai pour vous parler de mon convive.

BEACniAMP.

Y a-t-il maliire i un feuilleton dîinsce que vous allez nou.-^ raconter?

Oui, et de> iiUis curieux même.

BEAUCHAMP

Dites alors, car je vo's bien que je manquerai la chambre et qu'il laut que je me raltrapp.

ALBERT

J'éiais à Rome, il y a deux ans, au carnaval.

BEACCUAJIP.

Nous savons cela

ALBERT

Oui, mais ce que vous ne savez pas, c'est que je fus enlevé par des brigands.

DEBRAY

E.^t ce qu'il y a des brigands?

ALBERT

Et de hideux même, c'est-à-dire d'admirables ; je les ai trouvés beaux à faire peur. Ces messieurs m'avaient donc enlevé et conduit dans lin endroit fort triste, qu'on appelle les catacombes de Saint Sébastien ; j'étais prisonnier sauf rançon, une misère de quatre mille êcus romains, vingt-six mille livres tournois. Malheur.u.sement je n'en avais que 1,500; j'étais au bout de mon voyage, mon crédit était épuisé, .l'écrivis à Frantz-d'Épinay, qui voyageait avec moi et que vous connaissez tou-. La question était grave : s'il n'était arrivé à six heures du matin avec les quatre mille écus, à six heures dix minutes, je de ■ vais aller joindre les bienheureux saints et les glorieux m.'irtyrs, avec les reliques desquels j'avais l'honneur de me trouver.

CHAfEAUBRlM.

Eh liien! Frantz arriva avec les quatre mille écus?

ALBERT

Non, il arriva purement et .simplement accompagné du convive que je vous annonce, et que, je l'espère, j'aurai l'honneur de vous présenter.

DEBRAY

.\h ça! mais c'est donc un hercule tuant Cacus, que ce monsieur, un Per-te délivrant Andromède?

Page 1