ACTE V, IX' TABLEAU, SCÈNE V
MERCEDES
Je Tiens chez toi.
ALBERT
Que signifie ce costume, ma mère?
MERCEDES
C'est le seul que j'aie le droit d'emporler de cet hùtel, car c'est le .seul qui n'ait point été payé avec l'argent de la trahison.
ALBERT
Et vos meubles, vos bijoux, vos châles, ma mère '?
MERCEDES
Je viens de laisser un état exact de tout cela, et tout cela sera vendu.
ALBERT
Vendu !
MERCEDES
Oui.
ALBERT
Vendu !
MERCEDES
Au profil?...
ALBERT
Au profit'?...
MERCEDES, avec effort.
Des prisonniers.
ALBERT
Ah! ah! ma mère, je suis donc meilleur que je ne croyais, puisque j'ai eu la même idée que vous!
MERCEDES
Albert, je pars.
ALBERT
Moi aussi, ma mère.
MERCEDES
Oh ! je m'en doutais, mais j'ai compté, je l'avoue, que mon lilsmaccompagnera; me sui.«-je trompée'?
ALBERT
Ma mère, je ne puis vous faire partager le sort que je me destine; il faut que je vive désormais sans nom, sans fortune. J'ai dû, pour commencer l'apprentissage de celte rude existence, emprunter à un ami le pain que je mangerai.
MERCEDES
Toi, mon pauvre enfant, souQVir de la misère, souffrir de la faim. Oh! ne dis pas cela, tu briserais toutes mes résolutions.
ALBERT
Prenez garde de trop insister ma mère, car mes ré-olutions étaient prises pour moi seul, et non pour vous. En partant, je croyais vous laisser ici, sinon heureuse, du moins riche. Et c pendant, j'avais prévu toute la grandeur de votre àme, toute la noblesse de votre cœur. Attendez, je n'ai qu'une adresse à mettre à cette lettre, (il écrit. ^ Veuillez sonner ma mère, (elle sonne.) Germain, il y a réponse.
GERMAIN
Bien, Monsieur. L'intendant de M. le comte de Monte-Cristo est-là; il demande ;'i remettre une lettre à vous même
ALBERT
Faites entrer.
MERCEDES
Ine lettre du comte.