‹ Le comte de Paris à Québec [microforme]Chapitre 51 sur 94 · LE COMITE DE PARIS · texte numérisé non relu

LE COMITE DE PARIS

Mgr le comte de Paris répondit en ces termes :

“ Monsieur le Maire,

“ Je vous remercie de votre cordiale bienvenue, Mon fils et moi nous sommes heureux de nous trouver dans cette ville historique qui, comme vous le dites, est pleine des souvenirs de la vieille France, L'accueil que nous trouvons dans ce pays auquel nos ancêtres avaient donné le nom de Nouvelle- France nous touche profondément. Séparés de notre patrie, nous sommes heureux de nous trouver au milieu de Français d’origine,

et nous les félicitons du bonheur dont ils

jouissent sous le règne de leur auguste Souveraine,”

Des équipages de gala attendaient à la porte principale de la gare. Les princes et leur suite et un certain nombre de membres du comité de réception prirent place dans

les voitures, aux cris rénétés de: Vive La

France ! Vive le comte de Paris ! Vive le duc d'Orléans !

Le cortège s'engagea dans la côte du Pa-

lais, puis suivit successivement les rues Charle voix, Collins, de la Fabrique, la Place de la Basilique, la rue Buade, la rue du Fort, la Place d’Armes. Sur tout ce parcours il y avait une foule énorme. Les infatigables universitaires se postèrent non loin des remparts et chantèrent l'hymne national : O Canada, terre de nos aïeux !

puis, se reformant un peu plus loin, ils entonnèrent la chanson populaire si gracieuse et si rhythmée : À St-Malo, beau port de mer.

À un moment ils se trouvèrent tout près de la voiture du jeune duc d'Orléans. L'un d'eux donna alors un commandement : “ Bien et cent

ensemble, les enfants de Laval voix vibrantes firent entendre : Vive Le premier conscrit de France !

Un grand nombre de résidences étaient pavoisées de drapeaux aux multiples couleurs.

Arrivé en face du Vieux-Château, Monseigneur le comte de Paris exprima le désir de jeter immédiatement un coup d'œil sur le panorama que l’on découvre de la Terrasse Fronteunac, et tous les visiteurs mirent pied à terre, |

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Ils se rendirent d’abord à l'endroit où s’élevait autrefois le fort Saint-Louis, construit. par Champlain, reconstruit par Montmagny, illustré par l'héroïque résistance de Frontenac, et incendié le 23 février 1834 ; puis ils s’arrêtèrent éblouis devant le spectacle grandiose qui s’offrait à leurs regards et auquel les Québecquois eux-mêmes ne s’ac- Coutument pas. Ils contemplèrent avec admiration la rade de Québec, qui pourrait contenir toute la flotte militaire de la Grande- Bretagne ; la ville de Lévis, ! avec ses hauteurs fortifiées ; l'historique et pittoresque Pointe-Lévy * ; Saint-David de lAuberivière ; puis, à droite, l'immense terrasse, le cap Diamant, la citadelle ; à gauche, la Grande- Batterie, l’île d'Orléans, le confluent de la rivière Saint-Charles et du fleuve Saint- Laurent, et, dans le lointain, l’échancrure de la cataracte de Montmorency, la côte de Beaupré, le cap Tourmente, couronné en ce

1 Nom du chevalier de Lévis, le vainqueur de Ste- Foye.

2 Ainsi nommée par les anciens missionnaires jésuites, en l'honneur de leur bienfaiteur le duc de Lévy- Ventadour.

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moment d’un épais nuage, la chaîne des Laurentides,

La ville basse, avec ses rues étroites, s’étendait à leurs pieds, depuis la Douane au dôme gracieux, véritable palais vénitien dont le portique recoit les caresses des vagues jusqu’à la puissante muraille du promontoire de Québec. Lentement ils suivirent la balustrade de la terrasse, plongeant, à leur gauche, le regard dans l’abîme au fond duquel se dressent les maisons à toits aigus de la rue Champlain.

La Terrasse Frontenac est construite à environ 180 pieds au-dessus du niveau de la basse-ville, Elle a 1,400 pieds de longueur, et forme la limite de l’un des quartiers aristocratiques de la ville, le quartier Saint- Louis. Le cap Diamant, qui l’avoisine, a une hauteur de trois cent trente pieds.

Le Jardin du Fort, avec ses vieux arbres et son monument, en forme d’obélisque, érigé à la mémoire de Wolfe et de Mentcalm, donne sur le centre même de la terrasse et la domine quelque pen. Il n’en est séparé que par la largeur d’une rue, — la rue des Carrières, bientôt la rue Chauveau.

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La principale inscription du monument élevé à la gloire commune des généraux rivaux tombés dans le même combat :

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