‹ Le comte de Paris à Québec [microforme]Chapitre 52 sur 94 · MORTEM VIRTUS COMMUNEM FAMAM HISTORIA MONUMENTUM POSTERITAS DEDIT · texte numérisé non relu

MORTEM VIRTUS COMMUNEM FAMAM HISTORIA MONUMENTUM POSTERITAS DEDIT

est connue de tout le monde lettré, Un des personnages de la suite de Leurs Altesses, — le comte d'Haussonville, — la citait de mémoire a nt de la lire sur la pierre où elle est incrustée.

Le maire de Québec, le juge Casault, M.

Ouimet, ancien premier ministre, le juge Routhier, le juge Chauveau, MM. J. M.

LeMoine, Ernest Pacaud, Thomas Chapais, Geo, Stewart, publicistes, et quelques autres, servaient de ciceroni aux nobles visiteurs, qu’ils accompagnèrent jusqu’à l’hôtel Saint- Louis.

A quatre heures et demie, les zouaves pontificaux de la région de Québec : MM. Toussaint, Rouleau, Guilbault, Couture, Trudelle, Lefebvre, Bourget, Cantin, Dumontier, Nor-

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mandin, Bernier, Garneau, Papillon, l'abbé Dussault, et plusieurs autres, se rendirent auprès du comte de Paris et du duc d’Orléans pour leur présenter leurs hommages.

s princes étaient accompagnés du mar- Les princes 6 pag

quis de Lasteyrie, du comte d'Haussonville et de M. C. La Chambre,

Après les présentations d'usage, M. Tous saint, vice-président de l’Union Allet, donna lecture de l’adresse suivante :

“A Leurs Altesses Royales Mgr le comte de Paris et Mgr le duc d'Orléans.

‘ Monseigneur le comte de Paris,

“ Les anciens Zzouaves pontificaux de Québec se font un honneur et un devoir de présenter leurs humbles hommages au chef de la maison de France, au descendant dynastique de Francois I, de Henri IV et de Louis XIV, au soldat courageux dont le nom retentit aujourd'hui dans tous les Etats de l’Union américaine.

“ Nous vous souhaitons respectueusement, la bienvenue dans la vieille cité de Cham-

plain — berceau de la Nouvelle-France, — sur ce sol arrosé par le sang des martyrs et des chevaliers de notre ancienne mère-patrie. Nous sommes aujourd’hui plus d’un million et demi de Canadiens dont les ancêtres viennent de cette belle France d'outre-mer, la fille aînée de l'Eglise, qui, aux beaux jours de la monarchie, reculait les bornes de la civilisation chrétienne et remplissait les deux mondes du bruit de ses exploits.

“ C’est sous le règne de vos illustres aïeux, Monseigneur, que sont venus sur nos rives Jacques Cartier, le hardi découvreur, Champlain, le fondateur courageux et persévérant, Frontenac, le guerrier intrépide, Talon, le Colbert de la Nouvelle-France, et toute une légion de soldats, de savants, de femmes héroïques, de missionnaires et

d’apôtres.

“ Aussi est-ce avec une profonde émotion que, nous rappelant tout ce glorieux passé dans lequel la maison de France a joué un si grand rôle, nous nous approchons en ce moment de votre auguste personne.

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A QUÉBEC ‘ 15 “ Monseigneur le duc d'Orléans,

“ Nous venons à vous comme zouaves pontificaux ; car vous appartenez de cœur au régiment qui s’est illustré à Castelfidardo, à Mentana et à Patay.

“ Les zouaves pontificaux de la ville de Québec saluent en vous le petit-fils de saint Louis, du chef des antiques croisés dont la clameur : “ Dieu le veut !” s’est répercutée, à travers les siècles, jusque sur les bords de notre Saint-Laurent.

“ Le nom de Votre Altesse ne nous était pas inconpu. L'initiative patriotique que vous avez prise en offrant à la France républicaine vos services comme soldat, a provoqué notre admiration et soulevé notre enthousiasme.

“ Notre général nous a annoncé que Vatre Altesse avait bien voulu se charger d’une communication d’une haute importance pour tous les zouaves pontificaux canadiens.

Quelle que soit la nature de ce message, nous le recevrons avec respect, comme tout ce qui nous vient de notre commandant.

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16 LE COMTE DE PARIS Messeigneuré,

“ Nous faisons des vœux pour que votre séjour parmi nous vous soit agréable et que vous emportiez de Québec les meilleurs souvenirs.

“ Vous trouverez dans notre ville et ses environs plus d’un nom aimé de la France européenne, et, parmi notre population, bien des traits qui vous rappelleront la patrie absente, cette chère et belle France qui — nous jouvons le dire sans manquer de loyauté envers Notre Gracieuse Souveraine — est encore la patrie de nos cœurs.”

Mer le comte de Paris répondit à cette adresse en exprimant toute sa sympathie pour l’Union Allet, “ cette glorieuse association groupée aujourd’hui autour du nom de Charette.” — “ Je suis heureux, a-t-il ajouté, d'évoquer ce nom en vous remerciant des sentiments que vous exprimez, à mon fils et à moi, Je vous félicite cordialement de votre fidélité à notre langue, à nos traditions et à notre foi religieuse, et je fais des vœux pour le maintien et le progrès de votre associa-

ton.”

Mer le duc d'Orléans dit aussi quelques mots et donna lecture d’une lettre du général de Charette annonçant aux anciens soldats du Souverain Pontife une nouvelle intéressante, paraît-il, mais confidentielle et qui les concerne exclusivement.

Les zouaves se retirèrent alors, tout à fait charmés de l'accueil distingué et gracieux dont ils avaient été l'objet, et la mémoire enrichie d’un bon et fortifiant souvenir.

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A FEÉNCER WOOD

Dès le soir de leur arrivée, à sept heures et demie, nos illustres visiteurs partaient de l'hôtel Saint-Louis pour se rendre au château de Spencer Wood, où ils avaient été invités à dîner par le représentant de Sa Majesté dans la province de Québec, le lieutenantgouverneur Angers.

Son Excellence avait aussi convié un certain nombre de citoyens de la vilie a partager, ce même soir, l'hospitalité de la rési-

mr. 1

‘dence vice-royale, Les cartes d’invitatiorr

adressées par son aïde-de-camp de service portaient en apostille : “ Pour rencontrer Monseigneur le comte de Paris.”

Un des personnages de la suite de Son Altesse raconta , impression charmante que fit sur lui le trajet de l'hôtel au château, promenade semée de surprises, dans des rues pour lui inconnues, et bordées, disait-il, de résidences somptueuses. La porte Saint- Louis (qui doit son nom à Louis XIII, ancêtre du comte de Paris), le Palais législatif, le Pavillon militaire, les blocs de résidences particulières de la Grande-Allée, puis les historiques Plaines d'Abraham, les villas et les: bois du chemin Saint-Louis, captivèrent successivement l'attention des nobles visiteurs, et lorsque, après avoir suivi les sinueuses avenues du bois de Spencer Wood, ils arrivèrent au château et débouchèrent dans la clairière, en face du fleuve Saint- Laurent, ils furent frappés d’admiration à la vue du panorama aussi pittoresque qu’imprévu que l’on découvre de ce point élevé.

En franchissant le seuil de la porte principale du château, les princes purent remar-

À "QUÉBEC 19 à: A

quer, à droite et à gauche, des ornements semés de fleurs de lis, Partout, dans notre Canada français, de pieuses mains font éclore en de ces fleurs emblématiques ; partout on se | souvient. Plusieurs de nos architectes

semblent avoir pris pour devise l'inscription NH"! arborée par Montcalm sur le champ de ba- >: # | taille de Chouaguen : Manibus date lilia de: fn plenis. D |

Quelques minutes avant huit heures, Son Or Excellence le lieutenant-gouverneur et ma- ui dame Angers descendaient au grand salon & On de réception, et commencaient à recevoir leurs hôtes avee cette grâce souriante et !

calme qui donne tant de charme à leurs A | réceptions.

Un huissier en costume militaire annon- é çait chaque convive. Les lustrès en cris-: 0 tal, garnis de centaines de bougies, lançaient à une deuce et abondante lumière multipliée: ne | à par la réflexion des glaces, 1. Ji

Les c :versations commencaient à s’engager discrètement lorsque le nom de Mon- M seigneur le comte de Paris, prononcé à voix haute, fit naître soudain un silence profond.

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