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ALTESSF,
“ Les élèves du Monastère des Ursulines de Québec sont heureuses de pouvoir souhaiter la bienvenue au Chef de la Maison de France.
“# Jamais, jusqu’à ce jour, fils du sang de nos anciens rois n’a passé le seuil de cette maison fondée et soutenue par de royales largesses ; anssi quelle n’est pas notre joie en ce moment de pouvoir vous dire hautement la reconnaissance que nous devons à vos illustres aïeux, et le respect que nous portons à votre anguste personne.
+“ Nous nous souvenons, Altesse, qu’il y a plus de deux siècles et demi, les saintes fondatrices de cette maison, présentées à la cour, reçurent d'Anne d'Autriche le plus bienveillant acrueil, et que les faveurs de celui que l’histoire appelle Louis-le-Grand
assurèrent l'avenir du monastère, compromis
par .maints dangers et désastres, aux premiers jours de son existence.
“ Et comment ne pas nous rappeler la France ? Comment ne pas l'aimer, quand
Cu
tout parle d’elle dans cette paisible retraite ? Si son noble drapeau ne flotte plus sur nos remparts, nous gardons ses plus précieux trésors : le tombeau d’une sainte, la dépouille mortelle d'un héros. Montcalm, Marie de l’Incarnation, gloires impérissables du Canada français, dorment ici leur dernier sommeil, et nous disent bien haut, à nous filles des fondateurs de ce pays : Enfants, aimez Dieu, la France et le roi !
‘# Nous tenions à honneur, Altesse, d’unir nos faibles voix aux démonstrations pleines d'enthousiasme du peuple canadien, si heureux de souhaiter la bienvenue au noble descendant de ses anciens rois.
“ Le souvenir de votre gracieuse visite au vieux monastère vivra à jamais dans nos cœurs, et les annales dn cloître inscriront votre illustre nom au livre d’or des traditions les plus chères.
“ Puisse, Altesse, le bonheur accompagner vos pas ! C’est le souhait qu’osent former pour vous et pour votre auguste famille les Ursulines de ce Monastère et leurs élèves.”
Ou je me trompe fort ou ce petit discours a tout à fait l’allure du grand siècle, Son Altesse y répondit par d’aimables paroles, des remércîments et des félicitations ; puis . les virtuoses du cloître préludèrent de nou-
5 veau sur leurs instruments.
Les dilettantes reconnaissent l’introdnction du chœur de la Charité, de Rossini, | cette suave et poétique composition qui est M | comme un écho della musica dell’ altro l. mondo.
Le chœur des jeunes ‘pensionnaires rend ce morceau, sur lequel on a mis des paroles de circonstance, d’une manière exquise. L’él: A quilibre parfait des parties, un ensemble
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“qui tient du miracle,” car personne n’est Tà pour bettre la mesure, et surtout un style irréprochable, indiquent un très grand talent chez les élèves et une main habile dans la direction de leurs études musicales,
Le 2 :
| ia Les solos : Terre de France....et Terre & : des braves.... sont délicieusement rendus par mademoiselle Casault. A la fin du pre.
mier solo :
L'Eglise implore Ton noble feu, LS Reprends encore | “ei Les “* gestes ” de Dieu ....
la jeune artiste prépare la reprise du chœur a avec un tact parfait. re à Le comte de Paris dit qu’il ne s’attendait À
pas à pareille fête. Il remercie de nouveau Li madame la Supérieure de la belle réception KE dont il est l’objet, et déclare que rarement il lui a été donné d'entendre d'aussi ravissante Fa musique. |
Le marquis de Lasteyrie, le comte d'Haus- | sonville, le colonel Parseval sont émerveillés de du chant des jeunes élèves : C’est quelque “ chose de divin ! ” disent-ils. L
Après cette courte séance, le “cortège ” traversa quelques pièces où se trouvaient des souvenirs de la vieille France, et se rendit au tombeau de la Vénérable Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de Québec, celle que Bossuet appelait “ la AL: Thérèse de la Nouvelle-France.” 14
On entendait en ce moment les sons d’instrumentsde musique, affaiblis par la distance,
et le murmure lointain des voix des jeures filles en récréation. Au milieu de ce bruis-
“8 sement joyeux se détachaient les notes d'une 4 suave berceuse composée par une religieuse + ursuline de Clermont-Ferrand :
De la reine Blanche x. Ecoutez la voix,
Nr à Quand elle se penche
‘ Sur l’enfant des rois.
418 Anges, gardez ce lys!
1 Dormez, mon doux Loys !
Suis heureuse mère
à Près de ce berceau :
k [2 Oncques fut sur terre LÉ Un enfant plus beau.
: Anges, gardez ce lys !
D Dormez, mon doux Loys !
Dieu sait combien l’aime, Mais, s’il doit ternir
1 5 | Robe du baptême, : te (| UE Veux le voir mourir. $
Restez pur, 6 blanc lys!
Vivez, mon doux Loys !
Au pays de France Grand prince serez,
Aurez foi, vaillance,
Dieu moult aimerez.
Anges, gardez ce lys!
Régnez , mon doux Loys !
PR
Pr
Mais je vois que s’ouvre Paradis pour vous,
Et mon œil découvre
La France à genoux.
O ma gloire ! 6 mon lys!
Vous serez saint Loys !
Dans tout le cours de sa visite chez les Ursulines le comte de Paris a causé avec bienveillance, questionnant sur les sujets les plus variés et examinant avec intérêt les objets, venus du Louvre ou de Versailles, qu'on lui mettait sous les yeux.
Le portrait de la comtesse de Larochefoucaui, marquise de Solon et duchesse de Randan, lui a rappelé le château de Randan, propriété de la comtesse de Paris. Le prince a aussi fait remarquer que ce jour, 28 octobre, était l’anniversaire de la naissance de la Vénérable Marie de l’Incarnation, et il s'est félicité d'avoir pu, à cette même date, se trouver dans les murs du cloître qu’elle a illustré par ses vertus.
Le temps faisant défaut, Monseigneur le comte de Paris fut obligé d'interrompre sa visite et de prendre immédiatement congé, von cependant sans avoir salué les quatre-