‹ Le comte de Paris à Québec [microforme]Chapitre 89 sur 94 · LM · texte numérisé non relu

LM

1h # er SAN 4 # k “+ 11 ny . Ho vw i | n m y ï % LA A; À. 11 HR, :

4 ia DE NE k DIE À 40 OU [4 Min?

bé “4 Li: al D à :

:HË LA LA NS | LA l Ft l Lu ad à ia L | #4:

“ LM 1h " +2 ; LT LAN (M UE ' nl 4 JUS m Le k - % + HI f Le DES un Lt 10 Le iù [Ll Er i ' LR 1!

A] à ‘il +

ques autres ingénieurs, d’après les plans de Vauban, furent presque entièrement démolies et refaites par le gouvernement anglais, dès la fin du dix-huitième siècle.

La citadelle actuelle, avec ses formidables murailles, ses fossés, ses casernes, son observatoire et ses autres bâtiments, fut construite de 1823 à 1832, au prix de vingt-cinq millions de piastres, d’après des plans approuvés par le duc de Wellington. Elle occupe une superficie de quarante acres, et était réputée iriprenable avant que les canons rayés eussent biffé cette expression du langage stratégique,

La résidence vice-royale de la citadelle a

été occupée quelques semaines, chaqne année,

par nos gouverneurs-généraux lord Dufferin, le marquis de Lorne et le marquis de Lansdowne. Notre sympathique gouverneurgénéral actuel, lord Stanley de Preston, vient aussi tous les ans y passer une partie du mois de septembre,

La terrasse qui donne sur les appartements de Son Excellence occupe la cime du cap, taillé à pic à cet endroit, et domine de plu-

sieurs centaines de pieds la mâture des navires mouillés au bas du promontoire. De ce point élevé, la vue s'étend sur nn paysage admirable que le crayon habile de la princesse Louise a reproduit avec un rare bonheur,

Au sommet du bastion voisin flotte le drapeau britannique. Sur une deuxième plate-forme, des pièces d'artillerie de fort calibre sont dressées sur leurs affûts. C’est nne de ces pièces qui jette sa clameur aux échos tous les jours, à midi, et tous les soirs, à neuf heures et demie.

Les habitués de la terrasse-Frontenac connaissent bien la voix éclatante de ce canon du soir, avec ses lointaines et sonores répercussions. U’est le signal de la désertion de la promenade. Après le coup de neuf heures et demie, il ne reste plus sur l’immense plateforme que les rêveurs et les artistes.

Il fut un temps, assez peu éloigné, où l’on n’entendait jamais parler le français dans l'enceinte de la citadelle de Québec. Depuis que sir George-Etienne Cartier a fait connaître à notre reine les véritables sentiments

des Cunadiens-français, dans l’entrevue de Windsor, les choses ont bien changé. Ona suivi ici la politique adoptée aux Indes, où des garnisons entières sont presque exclusivement composées d’indigènes.

Au reste, tout nons commande, à nous Franco-canadiens, la loyauté envers la Couronne britannique, et c'est avec raison que sir Etienne -Paschal Taché a dit cette parole demeurée célèbre : “ Le dernier coup de canon qui résonnera dans l’Amérique du Nord pour la d‘finse du drapeau britannique, sera tiré par une main canadienne-française.”

Du bastion le plus avancé de la citadelle, on voit briller les clochers de dix ou douze églises, dispersées dans la campagne, et la vue embrasse toute l'étendue de l’admirable bassin formé par le confluent du fleuve Saint- Laurent et de la rivière Saint-Charls, avec son cadre immense de collines et de montagnes.

Le comte de Paris s'arrêta à cet endroit et promena longtemps ses regards sur le vaste horizon. Son attitude presque solennelle inspirait le respect, et tous les fronts

étaient sérieux. Le prince retrouvait ici la vieille France, mais avec d'étranges anachronismes. Un poète l’eût comparé au moine d'Olmutz, retrouvant après un siècle d’extase, son monastère d'autrefois occupé par des hommes nouveaux.

Page 1