LE DÉPART
Le déjeûnér” donné à nos hôtes au élub dé la garnison, après la visite de la citadelle, à été un hommage reñdt aux qualités militaires de l’auteur de l'Histoire de la guerre de sécession. Le comte y a rencontré les principaux officiers de la garnison et un cer: tain nombre de citoyens de la ville :
Le colonél Duchesnay, le colonel Montizambert, l'honorable M. Mercier, M. J. Frémont, l'honorable M. Garneau, le major D, Prévost, l'honorable M. Ch. Langelier, le juge Irvine, le colonel Forsyth, M. Jules
Tessier, M. Ernest Pacaud, le colonel Turn-
| | bull, M. D..C. Thomson, M. E. Hankey, le di colonel Landry, M. Ulric Tessier, le colonel Evanturel, M. H.-M. Price, le capitaine A.
Ni: Talbot, M. Panet Angers, le capitaine G.-R. à D White, M. Linière Taschereau, M. Faucher in | 4 de Saint-Maurice, le capitaine J.-G. Garneau, j 4 le capitaine W. Chaussegros de Léry, M.
Edson Fitch, le capitaine Lessard, M. Rosenvelt, le capitaine Howard, M. L.-J. Demers,
(Had ù (NE à le lieutenant Léonce Stein.
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He La conversation se tenait en francais eten fo l anglais. Les deux princes parlent un anglais LME très pur; le jeune M. La Chambre, de Saint-
{! À Q Li Q à Malo, s'exprime aussi en langue anglaise
avec correction et facilité.
Le comte de Paris fit des compliments très
| flatteurs au colonel Montizambert sur la \ tenue des hommes placés sous son comman- } dement.
] Parmi les invités se trouvait M. Faucher 1 de Saint-Maurice, ex-député et ancien officier i dans l’armée de Maximilien, au Mexique. Il
offrit en souvenir au duc d'Orléans une pièce \ de monnaie frappée à l'effigie de Louis XIII (| ! et trouvée dans les décombres de l’ancien
“ collège de Québec,” et sut accompagner ce petit cadeau de commentaires qui en décuplaient la valeur.
Le déjeûner ta marqué par un incident important. Pendant le banquet de la veille, le comte de Paris avait télégraphié à la reine Victoria pour lui dire l'accueil sympathique qu'il recevait parmi nous et la féliciter des sentiments de loyauté de ses sujets canadiens. Sa Majesté avait alors chargé son secrétaire particulier de faire connaître au prince le contentement qu'Elle éprouvait des manifestations dont il était l’objet. Le fluide électrique transmit ce gracieux message, dont voici le texte, et qui fut remis à son destinataire au club de la garnison :
| Balmoral, 28th October 1890.
Lam commanded by Her Majesty Queen Victoria to telegraph you her congratulations about the enthusiastic receptions that are given you in Canada.
COLONEL PonsoNBy,
Private Secretary.
SE
(Traduction)
“ J'ai recu ordre de Sa Majesté la Reine Victoria de vous télégraphier ses plus sincères compliments au sujet de l’aceueil enthousiaste que vous recevez au Canada.
“ COLONEL PONSONBY, « Secrétaire particulier.”
Les convives étaient encore à table lorsque tanna le canon de midi, ou plutôt de midi moins un quart ; car l'autorité militaire a eu la grande, la très grande condescendance d'adopter comme l'heure réelle de Québec l'heure conventionnelle des chemins de fer de la zône centrale, c’est-à-dire l'heure réelle de Cornwall (Ontario).
Un peu plus tard tous les convives descendaient la côte du Palais et se rendaient à la garee du chemin de fer du Pacifique, où une foule considérable était déjà assemblée pour assister au départ de nos hôtes.
Le dernier édifice qui frappa les regards du comte de Paris, en sortant de la ville, fit l'antique monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec, fondé par la pieuse duchesse d’Ai-
guillon, nièce du cardinal de Richelieu, — encore un monument de foi et de charité que nous devons à la France.
Le temps pressait ; les adieux furent courts, mais marqués au coin de la plus grande cordialité, Les princes et les hommes distingués qui les accompagnaïent avaient su conquérir l'estime de tous ceux avec qui ils avaient été en relations. Le comte de Paris était devenu populaire même parmi ceux chez qui l’on pouvait appréhender, non pas de l’hostilité, mais de la froideur ou de l'indifférence. Tons ceux qui lui dirent adieu, au départ, lui souhaitèrent du fond du cœur le bonhenr que ses qualités semblent lui mériter. Le dnc d’Orléans s'était montré affable et réservé, comme le commandaient à la fois son nom, son âge et les circonstances.
Monseigneur le comte de Paris remercia particulièrement M. Frémont, le maire de Québec, de ses aimables procédés à son égard, et il le pria aussi de remercier pour lui tous les habitants de la ville de leur belle réception. À Québ 2, comme aux Trois-Rivières, à Montréal et ailleurs, il n’oublia pas les pau.
vres, ceux qui n'avaient pu prendre part aux fêtes dont il avait été l'objet. Il serra amicalement la main du premier-ministre, M. Mercier, et de la plupart des membres du comité de réception, et renouvela ses félicitations à M. Routhier et à M. Chapais.
La foule fit résouner une dernière fois les échos de la gare de ses acclamations, et le train s’éloigna, »mportant vers l’ouest, dans sa course de plus en plus accélérée, les nobles personnages qui, de la plate-forme du charpalais, répondaient à nos signes d'adieu.
Depuis le départ des illustres voyageurs, leurs noms sont revenus bien des fois dans les conversations. On a remarqué leur savoir, leur discrétion, leurs sentiments élevés, leurs manières complètement exemptes d’ostentation. Tous portent noblement leur titre de Français, et chacun d’eux a laissé ici un bon souvenir,
Longtemps nous nous rappellerons la vi-
site de l’auguste représentant de l’ancienne monarchie française. Sa présence a réveillé
Û dans nos cœurs des échos délicieux jus- > qu'alors ignorés, et nous pouvons dire, sans , exagération, que les jours trop courts qu’il a passés au milieu de nous compteront “ Parmi les plus aimés de nos jours de bonheur. ” L ) J