XLV'I INTRODUCTION
moi des trois millions et demi de voix qui, le quatre octobre, ont condamné les fautes de la Képublique, et l'on cherche à intimider ceux qui, chaque jour, se détachent d'elle.
" On poursuit en moi le principe monarchique dont le dépôt m'a été transmis par celui qui l'avait si noblement conservé,
" On veut séparer de la France le chef de la glorieuse famille qui l'a dirigée, pendant neuf siècles, dans l'ûeuvre de son unité nationale, et qui, associée au peuple dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, a fondé sa grandeur et sa prospérité.
" On espère qu'elle a oublié le règne heureux et pacifique de mon aïeul Louis-Philippe,et les jours plus récents où mon frère et mes oncles, après avoir cembattu sous son drapeau, servaient loyalement dans les rangs de sa vaillante armée.
INTUODUCTION XLVII
" Ces calculs seront trompés.
'' Instruite par l'expérience, la France ne se méprendra ni sur la cause, ni sur les auteurs des maux dont elle souffre Elle reconnaîtra que la monarchie, traditionelle, par «on principe, moderne, par ses institutions peut seule y porter remède.
^' Seule, cette monarchie nationale do?it je suis le représentant peut réduire à l'impuissance les hommes de désordre qui menacent le repos du pays, assurer la liberté politique et reliiïieuse, relever l'autorité, refaire ia fortune publique.
^^ Seule, elle ])eut donner à notre ^société démocratique un gouvernement fort, ouvert à tous, supérieur aux partis, et dont la stabilité sera pour l'Europe le gage d'une paix durable,
" Mon devoir est de travailler sans relâche à cette oeuvre de salut. Avec
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l'aide de Dieu et le concours de tousceux qui partagent ma foi dans l'avenir, je l'accomplirai.
" La République a peur : en me frappant elle me désigne. J'ai confiance dans la France. A l'heure décisive je serai prêt.
" Philippe Comte de Paris.
" Eu, le 24 juin 1886."
Cette éloquente protestation produisit tout d'abord une impression profonde dans cette France dont le caractère libre et fier ne saurait approuver l'ostracisme. Mais il en est de la parole humaine comme des semences : tous les grains jetéi^ en terre ne lèvent pas.
Dans une saisissante parabole^ Ji'sus-Christ nous a appris que la Parole de Dieu même ne germe pas
ÏNTRODUCTIOX XLIX
toujours ; cela ne d'-pend pas du semeur, ni de la semence, mais de la terre mal préparée qui la reçoit.
L'Anîrleterre se montra heureuse de donner riiospitalité à la Maison de France, et la presse anglaise lui fit un accueil sympathique.
C'est encore là que vivent aujourd'hui M. le comte et Mme la comtesse de Paris, entourés de quelques amis dévoués et des charmants enfants que Dieu leur a donnés. Etrange destin<'e où le trône et l'exil se touchent, et que les brusques retours de la fortune tantôt illuminent et tantôt couvrent de nuaçres !
Nous croyons intéresser nos lecteurs en reproduisant ici les portraits suivants que M. de Blowitz, correspondant du Times ^ adressait à son journal en juin 188G, quelqut^s jours avant l'expulsion de France de M. le comte de Paris.