INTRODUCTION XLIII
teau cVEu. Le résultat de la discussion de la lui d'exil était prévu depuis quelquesjours,etquelquesHmisfidèles avaient voulu se trouver auprès du prince au moment où la triste nouvelle ]ui arriverait de Paris.
Ce fut après le diner, vers 9i lieures du soir, que la dernière dépêche annonçant le vote final fut remise à M.
le comte de Paris. Les princes et les princesses l'entouraient, et parmi les amis se trouvaient le marquis de Beauvoir, le général de Charette, M.
Lambert de Sainte-Croix et M. Hervé.
L'émotion de tous était indescriptible. Le prince lut la dépêche, et ajouta: c'est fait, je partirai jeudi.
Un silence prolongé suivit. Tout lo monde s'était levé, indigné et profondément attristé. Les femmes étouffaient leurs sanglots. Enfin, le silence fut rompu par le duc d'xVumale qui eut cette explosion de colère : ^^ Mes-
XLR" INTRODUCTIOîT
sieurs, notre liisîoire a connu bien des crimes, elle a enréo^istré bien des lâclietés, mais jamais aucune comparable à celle qui vient d'être commise ! "
Madame la comtesse de Paris essuya ses yeux mouillés de larmes, et s'approclu de son fils en disant : '' Allons ! c'est fini! reprenonsnotre vie errante ! Va te reposer, mon cher enfant. Tâche de conserver tes forces, et apprends à regarder le malheur en face ! "
Dès le lendemain on se prépara au départ, et le jeudi, jour de la Fête- Dieu, le prince et sa famille s'embarqueront au Tréport. à bord du paquebot Victoria^ nolisé pour la circonstance. Singulière coïncidence : M. le comte de Paris partait pour l'exil à l'endroit même oii quarante ans aupn ravant la reine Victoria était débarquée de son yacht roy?i\ pour rendre
IMIJODVCTION XLV
visite au roi Louis-Philippe en son château d'Eu.
Ce départ donna lieu à des démonstrations touchantes d'amitié, et fut ■signalé par des incidents, qu'on lirait avec intérêt, mais qu'il serait trop long de raconter.
Le lendemain, les journaux roysilistes de France publiaient cette protestation de M. le comte de Paris :
'' Contraint de quitter le sol de mon pays, je proteste au nom du droit, «outre la violence qui m'est faite.
" Passionnément attaché à la patrie, que des malheurs m'ont rendue plus -chère encore, j'y ai. jusqu'à présent, vécu sans enfreindre ses lois. Pour m'en arracher. Ton choisit le moment où je viens d'y entrer, heureux d'avoir formé un lien nouveau <?ntre la France et une nation amie,
'• En me proscrivant on se venge sur