‹ Le comte de Paris à Québec, récit;Chapitre 3 sur 26 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

le siècle laborieux et iiK-morable ou nous sommes, être l'héritier du trône de France, ce n'est pas seulement occuper une haute position, c'est aussi exercer une grande fonction

^' Ame haute, calme, sereine, ferme et douce, noble intelligence, au niveau de tous les talents ; fils d'Henri IV par le sang, par la bravoure, par l'aménité cordiale et charmante de sa personne ; fils de la Révolution par le respect de tout droit, et l'amour de toute liberté ; entraîné vers la gloire militaire par l'instinct de sa race ; ramené vers les travaux de la paix par les besoins de son esprit ; capable et avide de grandes chose?, populaire au dedans, national au dehors, rien ne lui a manqué, excepté le temps, et l'on peut dire que tous les germes d'un grand roi se manifestaient déjà dans ce prince, mort si jeune, hélas 1 qui aimait les arts comme

INTRODUCIION XXIIl

François P^, les lettres comme Louis XI Y, la patrie comme vous-même."

Alexandre Dumas a consacré aussi quelques pages à la mémoire du duc d'Orléans, et il en a parlé avec une admiration passionnée : . . . ^^ On eût dit que le pauvre prince qui venait de mourir était non seulement l'espoir de la France, mais du monde. Maintenant tout était fini. Les regards qui le suivaient avec l'anxiété de l'attente étaient tous fixés sur un cercueil. Le monde avait quelquefois porté le deuil du passé ; cette fois il

portait le deuil de l'avenir Il

y avait en lui trop de choses venant de Dieu ; ses vertus appauvrissaient le ciel. Dieu l'a repris avec ses vertus, et maintenant c'est la terre qui est veuve. Il sentait comme Henri IV, il A^ovait comme Louis XIV."

Ainsi donc, dès son entrée dans la

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vie, M. le comte de Paris a reçu Terapreinte du malheur qui est le grand ^'"ducateur de l'homme. A quatre ans il était orphelin.

Mais s'il n'avait plus de père, il lui restait sa mère qui possédait bien toutes les qualités nécessaires à l'éducation d'un prince. Les lettres touchantes de la duchesse d'Orléans font voir avec quels soins attentifs et quelle tendresse elle a surveillé l'éducation de ses fils.

Hélas! Les épreuves de cette veuve vraiment inconsolable et de cette tendre mère étaient loin d'être finies.

Son fils aine u'avait pi-is encore dix ans lorsque la révolution de IS-iS éclata.

Le 24 février, le peuple insurgé envahit la co'ir du palais des Tuileries, et la fusillade devint vive. Le danger devenant imsuinent, Mme

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la duchesse d'Orléans prit par la main s(\s deux enfants, et les conduisant dans le salon sous le portrait de leur père elle s'écria : c'est ici qu'il faut mourir !

Deux députés vinrent la rejoindre et Ten traînèrent au Palais-Bourbon ^ oii la Chambre était en séance. Mais ce refuge était loin d'être sûr, et Lamartine qui avait commencé un discours en faveur de la rojaut*^ le termina en faveur de la ri'publique.

Obligée de quitter la Chambre, la duchesse d'Orléans se réfugia à l'hôtel des Invalides, et y resta deux jours.

Mais alors la révolution triomphait, et, malgré son fils aine qui répétait : '^ je ne veux pas sortir de France, " la malheureuse mère dut quitter son pays.

Ce premier exil du comte de Paris devait durer vingt-trois ans ! . . . .

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