‹ Le comte de Saint-Germain et ses réformes, 1775-1777; d'après les archives du Dépot de la guerreChapitre 27 sur 36 · RÉGIMENTS · texte numérisé non relu

RÉGIMENTS

Armagnac 118 livres 2 sols 7 deniers.

Agénois 151 — 17 — » —

Auvergne 125 — 19 — 9 —

Cambrésis 101 — 2 — 10 —

Bresse 105 — 6 — 2 —

Dauphin 107 — .> — 9 —

Nivernais : 112 — 3 — 1 —

Condé • 108 — 14 — 10 —

Enghien 120 — 10 — 19 —

Chartres 103 — 3 — 4 —

39 bis

Le comte de Broglie au comte de Saint-Germain.

Metz, 24 juillet 1776.

Monsieur le Comte,

Je vois par la lettre particulière dont vous m'avez honoré en date du 12 de ce mois que je ne m'étais pas bien expliqué snr ce que j'ai eu l'honneur de vous rendre compte de ce qui était arrivé dans le régiment de la Couronne au sujet des coups de plat de sabre donnés à un soldat et qui avaient été reçus avec une espèce de résistance. Je vous ai ajouté, Monsieur le comte, avec la vérité que je dois à un ministre du Roi, que les troupes, officiers et soldats, avaient de la répugnance pour cette punition inusitée, ce qui rendait nécessaire de punir de nouveau et plus sévèrement ce même soldat. J'étais bien loin de prétendre pour cela qu'il fût possible de se dispenser d'exécuter les ordres du Roi et j'ose vous dire qu'il n'y a sans exception personne qui s'y soumette avec plus de respect et de soumission que moi.

Si vous êtes bien instruit, Monseur le comte, et par des gens véridiques, de ce qui se passe dans ma division, vous saurez que je ne cesse de m'occuper à donner des preuves de mon exactitude. J'en userai de même quand je trou-

(i) D. O Supp. à la Corresp. Recrutement).

Terai dan» les fonctions dont je suis chargé des choses opposées à mon goût et à mon opinion. Je sais que les ordres du Roi sont sacrés et qu'il est {du dovoir de ceux à qui S. M. a confié le commandement de ses troupes d'en faire remarquer tous les avantages «t d'en dissimuler la rigueur dans les cas Ou on pourrait s'en apercevoir. C'est ce que je pratique perpétuellement dans les rapporta fréquents que me donne avec tous les grades et même jusqu'au soldat le commandement d'une division.

Je suis peut-être le seul lieutenant-général qui puisse vous mander qu'il n'y a pas un régiment dans la division qui n'ait exécuté généralement tous les ordres donnés, y compris celui des coups de plat de sabre.

Cette punition a lieu journellement avec la prudence qu'elle exigeait pour ne pas entraîner d'inconvénients et pour remplir l'objet désire d'augmenter l'ordre et la sagesse dans les troupes par la crainte qu'elles ont de cette punition. J'ignore le motif qu'on a pu avoir en attribuant au vicomte de Broglie une démarche qui aurait été repivhensible. Je savais bien qu'on avait fait ç lurir le bruit qu'il a appliqué cette puuition dans son régiment à uu soldat coupable d'une faute infamante, mais je ne croyais pa» que cette imputation t iit été jusqu'à vous.

La vérité est qu'il est trop jaloux de se conformer à l'esprit et à. la lettre des Ordonnances pour l'avoir si mal interprétée.

Pour h. vous laisser aucun d< ute à ce sujet, Monsieur le comte, j'ai exigé de lui de me produire un certil cat du conseil d'administration du régiment d'Aquitaine sur le motif de la punition dont il s'agit. J'ai l'honneur de vous l'envoyer ci-joint.

Si M. le vicomte de Broglie avait 1 honneur d'être cennu de vous, vous penseriez sûrement qu'il n'en a pas besoin. Tout ce qui porte ce nom est assez

itué à être calomnié auprès des ministres et même auprès du Roi, serait douter de votre justice et de votre probité, M. le comte, que de craindre que vous le permettiez durant votre ministère. Vous avez été témoin du zèle avec lequel j'ai toujours servi le Koi. Je n'ai pas changé de conduite et de principes. Je me flatte que vous ne le lui laisserez pas ignorer !.

Le comte de Saint-Germain au marquis de Castries.

28 novembre 1775.

On veut absolument me persaader ici, Monsieur le marquis, (pie la Régie pour l'habillement des troupes est préférable aux intérêts du Roi et même plus avantageuse aux troupes que si elles étaient chargées elles-mêmes de leurs habillements. Il me parait que c'est vouloir prouver que deux et deux ne font pas quatre.

Je xous prie, Monsieur le marquis, de vouloir bien m'en dire votre sentiment. J'ai l'honneur d'être avec le plus sincère et le plus vif attachement votre très humble et très obéissant serviteur ',

(1) 1). G. tvfp. à la àtrittp. C.irt. BUclpllue,

(2) D. <i. Correspondance (ln:éii«nr). ("ut. 3»81>, t» 119.

■li Le marquis de Castries-au comte de Saint-Germain.

2 décembre 177.5.

MoNSIKUa LU COMTK,

Il paraît que cette question doit se réduire à constater les faits passés et à juger par eux celle des deux administrations qui a été à la fois la plus économique et la plus militaire.

Si on ne consultait que l'état des masses lorsque les corps en avaient la manutention, ou aurait la preuve qu'elles ont été mal administrées; si au contraire on ne voulait s'en rapporter qu'aux comptes que la Régie du Roi a donnés de sa gestion, on trouverait plus de dix millions de profit pendant neuf ans, ce qui me paraîtrait ne devoir laisser aucun doute sur le parti à prendre entre ces deux manutentions. Mais il faut observer que dans la première on a fait la guerre, et que la paix a duré pendant tout le cours de la seconde, de manière qu'on ne peut comparer avec précision deux espaces de temps placés dans deux situations différentes. Cependant, malgré tout ce que les corps allèguent pour obtenir l'administration de leurs masses, il faut de deux choses l'une : ou qu'ils prouvent la fausseté du tableau des régisseurs tel qu'il a été présenté en 1771, ou convenir que la Régie a de grands avantages sur leur administration.

On objectera en vain les fournitures défectueuses, ce serait apprécier bien haut la valeur de ces reproches en les élevant à un million, ce qui laisserait encore plus de neuf millions de profit pour assurer les augmentations de la guerre et l'excédant de consommation qu'elle peut entraîner.

Les fonds de magasin que les économies de la paix ont donnas sont d'autant plus précieux que, malgré l'augmentation de deux deniers que le Roi a affectés pour la masse eu 1748 (ce qui l'a porté de dix à douze), il a été prouvé par leurs dettes, que la Cour a fait payer eu 1763, qu'elle ne suffisait pas et qu'il fallait par cette raison retrouver dans la paix l'excédant des consommations de la guerre.

Si en effet les opérations particulières des corps ont produit des dettes d'une part et que de l'autre on voit que la Régie ait produit annuellement une économie d'un mil ion sur trois, somme à laquelle on peut évaluer la totalité delà masse, la différence résultant de ces deux manutentions ne laisse pas de doute sur celle qu'il convient de préférer.

Cette première question résolue, il faut passer à la seconde et examiner si une administration générale remplit mieux que les autres systèmes l'uniformité et l'ensemble qu'il convient de donnera toutes les opérationsd'une armée.

Les premières difficultés qui se présentent contre la régie des corps sont les guerres qui se font hors de nos frontières. L'expérience a fait connaître qu'en Italie, en Espagne, en Bohème, en Bavière, les opérations particulières ne s'étendant pas au-delà des achats et des frontières, il fallait réunir ensuite dans un ou plusieurs dépôts tous les habillements particuliers pour les faire partir ensuite pour l'armée, et cette double opération a toujours été lente et coûteuse.

Sans supposer des guerres étrangères, celles de nos frontières supposent également de grands mouvements de troupes qui sont également contraires aux manutentions partielles. On peut donner en preuve la campagne de 1744 pendant laquelle une partie de l'armée passa de Flandre en Allemagne, celle de 174ti qui fit passer des renforts considérables en Provence, toutes celles enfin de la dernière guerre pendant laquelle, les armées du Haut et du Bas-Rhin ont été alternativement renforcées et affaiblies. Toutes ces circonstances qui se

multiplient .1 la guerre présentent de* déplacement* «ans nombre ilonl ki inconvénients sont sans bornes et déposent toutes contre les dispositions particulières des corps.

Si c'est au contraire pat dei dispositions générales que l'habillement de» troupei l'opère, les magasins tonnés sur clia(|ue frontière se trouvant Urqja prêts à fournir sans déplacement, il en récolte une célérité, un ensemble et une économie dans le rétablissement des troupes qui ne peu! m une

administration particulière, En comparant et eu résumant les effeis de ces deux {.'.'tires d'administration,

OD trouve nécessairement dans celle des troupes inégalité dans les qualités des Fournitures, inégalité daus leur uniformité, inégalité dans les époques où elles sont fournies et jamais de chance* avantageuses pour le compte du Roi, au lien Que dans une manutention générale on doit naturellement trouver autant d'uniformité que d'ensemble et l'expérience a prouvé qu'il y avait de plus grandes nies à le faire.

Je pense donc que l'habillement des troupes pris en général et dirigé par une seule main est, de toutes les manutentions, la plus avantageuse pour la guerre, et que, malgré les reproches qui peuvent être faits aux régisseurs, le profit qui en est résulte pour le Roi a été trop considérable pour ne pas le préférer, mais il faut parer aux vices qui ont été reprochés a cette manutention et examiner de plus si cette régie doit être laissée aux mains de gens pris dans l'ordre des marchands ou s'il n'est pas nécessaire de la traiter militairement: dans ces deux suppositions, il serait à désirer de pouvoir reprendre le traité qui avait été entamé en 1758 avec le Languedoc.

Les étoffes qui sont à l'usage des troupes sont presque entièrement t î 1 de cette province, savoir: les draps de Lodève, les tricots de la Canourgue, le reste de l'habillement se trouve par tout le royaume. Les Etats de cette province furent prêts à passer un traité avec le département de la guerre par lequel ils s'engageaient à fournir les quantités nécessaires et de la qualité fixée par les Ordonnances dont l'armée aurait besoin. Des représentations de la part des marchands de Paris, ce que les régiments leur devaient ou d'autres motifs qui tenaient à des circonstances non inhérentes à la chose arrêtèrent cet arrangement qui assurait aux troupes des fournitures supérieures et à la province uu débouché pour ses manufactures qui dépassait trois millions.

Si cet engagement qui est utile à tous pouvait être repris, je pense qu'il ne laisserait rien à désirer. Dans cette supposition ou daus toute autre, il paraîtrait plus naturel décharger les militaires de cette administration que les marchands. Ce premier ordre de gens est moins avide; leur existence dépend d'ailleurs du ministre de la guerre en totalité. Ou peut ainsi les réprimer au lieu que des marchands riches de Paris veulent et doivent beaucoup gagner, ils ont leurs états à couvert du ressentiment de leurs supérieurs et la seule punition qu'ils puissent recevoir est de perdre leur emploi.

Quant à la forme à établir pour cette régie militaire, ce serait la matière d'un mémoire particulier aisé à faire et qui ne me semble pas presse parée que les ordres pour le rétablissement des troupes de 1175 à 177'i devant être actuellement donnes, vous avez tout le temps, Monsieur, d'examiner cette question

J'ai l'honneur d'être avec le plus parfait attachement votre très humble et très obéissant serviteur'.

Le coimc de Saint-Germain au marquis de Castries.

Versailles, 18 novembre 1773.

Je suis harcelé, Monsieur, par cent personnes sur la fourniture des fourragea aux troupes, mais, comme je voudrais chauler Celte méthode m

(1) ». O, c. tue. y

312 pièces .TUsrii-ic.vnvEs

également onéreuse au Roi et aux troupes et charger chaque régiment de se pourvoir lui-même de toutes choses dont il a besoin en prenant les précautions convenables, je vous prie de vouloir bien m'en dire votre sentiment et comment vous voudriez vous y prendre pour exécuter mon projet dans l'étendue do votre commandement en cas que vous pensiez comme moi. J'ai l'honneur, etc *.

M. le marquis de Castrics au comte de Saint-Germain.

Paris, 22 novembre 1775.

L'expérience a prouvé en effet, Monsieur, que la fourniture des fourrages par la voie des entrepreneurs était également désavantageuse à la cavalerie par la mauvaise qualité des fourrages qu'on a fait souvent consommer, et au Roi par la cherté dont ils ont été.

Je ne dois pas vous laisser ignorer que le plus grand nombre des régiments de cavalerie et de dragons qui ont géré pendant sept à huit ans cette partie au compte du Roi en ont abusé, mais en comparant les abus respectifs de ces deux genres de manutention, on trouve que les chevaux ont été constamment mieux uourris lorsque les états-majors achetaient les fourrages que lorsqu'ils ont été fournis par les entrepreneurs et que les profits illicites que la cavalerie a faits ont été moins considérables que ceux desdils entrepreneurs, à quoi on doit ajouter que les abus qui se sont introduits dans la gestion delà cavalerie ont du moins tourné à l'avantage du Roi parce que les profits qui en sont résultés ont été employés à l'amélioration des troupes lorsque ceux desdits entrepreneurs ont été en pure perte pour son service.

Ce furent ces motifs bien discutés et bien approfondis dans l'assemblée de la cavalerie l'année dernière qui l'engagea à demander que la régie des étatsmajors fut rétablie en proposant un règlement qui pourrait rectifier, autant qu'il était possible, les vices qui s'étaient introduits insensiblement dans la manutention des états-majors.

Je joins ici, Monsieur, ce règlement auquel on peut ajouter ou retrancher les articles qui ne cadreront pas à vos vues.

Pour parer aux vices qui se sont introduits dans cette manutention, je pense qu'il ne faut point souffrir que les corps passent des marchés particuliers, qu'il faudrait les assujettir à acheter les fourrages en détail dans le pays et vous faire rendre un compte direct soit par les intendants, les maires, la maréchaussée ou par tous à la fois, du prix des marchés dans les lieux où vous avez des troupes afin de vous mettre à portée de les comparer avec les traités qui vous seront proposés, enfin de soumettre les différents achats qui seront faits à la surveillance des officiers-généraux employés dont la sanction deviendrait nécessaire pour tous les marchés qui seront faits et par lesquels il faudrait que tous les comptes vous parviennent.

Je suis persuadé, Monsieur, qu'en établissant cette forme et punissant le premier major ou commandant de corps qui abuserait de la manutention que vous lui avez donnée, vous parviendrez à établir une marche beaucoup plus économique que celle qui existe aujourd'hui.

J'insisterai beaucoup sur la nécessité de punir le premier officier qui abuserait de votre confiance parce qu'il est résulté de l'impunité qu'il y a eue depuis 1703 jusqu'en 1771 des sommes considérables ignorées qui ont été distraites, qui sont restées à la disposition des états-majors et dont le meilleur emploi a eu l'inconvénient de donner le moyen d'acheter des chevaux à un prix excessif, prix qui ne pourrait se soutenir sans devenir très onéreux aux finances du Roi.

i il H ATI YK-

Tous les marches des fourrages du royaume se renouvelant tous lei aus, ils doivent cesser à la fois, il est dune q ajourd'hnj de lavoir si vous les

renouvellerez dans 1 forme ou si vous vous livrer.'/ tout de suil

nouvel ordre de choses qu'il vous conviendra d'y substituer, ou si vous voudrez, avant de le remlre général, vous wani il.' OM avantages par l'expérience que vous en ferez faire tout de suite dans quelques provinces.

Dans cette dernier.» supposition, jfl vous offre la parti.' .le mon i'oiuiii:.n qui en est susceptible. Les deu\ Flandre* ainsi que le Canibrésis ne sont pas dans 06 cas là. A leur titre de pays d'Etats, ils donnent les fourrages en nature et sont obligea île payer I.' surplus de ce que coûte la ration. Le Iioi De leur paye qu'à 5 sols. Cet avantage est trop économique pour le Koi et pour le département de la guerre pour y rien changer, si ce n'est d'établir une autre forme que celle qui existe pour parer aux inconvénients résultant des mauvaises fournitures.

Le llainaut pourra donc seul remplir votre objet. Mais cette province suffit, y ayant trois régiments de cavalerie et de dragons en quartier. M. le vicomte île Sareneld qni commande dans cette province apportera à l'exécution de vos ordres l'activité, l'exactitude et la surveillance la plus suivie. Vous pouvez y compter. Son zèle pour le service du Roi vous en répond et c'est une justice que je. dois à cet officier- général auprès de vous.

J'ai l'honneur, etc '.

Règlement concernant le paiement qui devra être l'ait à compter du I" juillet 1"6 aui bas-officiers, soldats, cavaliers, dragons, hussards, actuellement retirés avec la solde ou demi-solde dans les provinces, et ce, conformément à la réduction ordonnée par l'article 17 du titre VIII de l'Ordonnance du

25 mars ll'iti -'.

Ancien traitement par an.

GRKNAD1KUS

Il l. N A n 1 F. R s Bli FRANCS

AU1II.I.I-.IUI.

Fourrier 21ti livres.

Sergent 196 —

Grenadier lus —

l Fourrier 188 —

, Sergent 180 —

f Fusilier 00 —

\ Fourrier 884 — MB

s Sergent 816 — 163

/ Grenadier 188 — 108

Fourrier ..lu — 309

Sergent oir> — 810

Canonn. bon. s.ipeur.. 150 — 121

Fourrier MO — 810

Mineur 174 — 148

Traitement nouveau d'après l'Or.i. du iZ mars.

lô:> livres.

in —

Page 1