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la souveraineté du talent avait quelque chose de grandiosement beau, qui frappa tous ceux qui étaient-là.
Le maréchal de Saxe fit un effort pour < dresser sur son lit.
“Monsieur le due, dit-il, je serais bien glorieusement fier de Fhonneur que vous me faites, mais je n'oæ accepter sans la permission toute spéciale de Sa Majesté le roi, notre maître!
— Cette permission, dit Louis XV, je là donne sous la condition expresse qne le premier boulet français envoyé demain à l'ennemi, le sera par l'ordre du duc de Noailles,
—\ive le roi! eria le noble vieillard.
C'est convenu, Sire! dit Maurice.
— Vive le roi! répétait-on avec un redoublement d'élan, d'émotion et d'amour.
—Ét maintenant, reprit le roi, laissons reposer le maréchal, messieurs.”
Îl serra la main une dernière fois à Maurice de Saxe, et lui adressant un gracieux et amical sourire :
“A demain! dit-il.”
Le roi sortit, suivit de tous les seigneurs. 1 descendit les marches de l'escalier avant toujours Richelieu à sa ‘auche.
“Qu'allons-nous faire ce soir? dit-il au duc en s'arrêtant sous le vestibule. Cette soirée et cette nuit vont me sembler bien longues! Je voudrais être distrait et je De sais que faire ?
Richelieu sourit doucement.
“Sire! ditsl, voulez-vous me.permettre de conduire Votre Majesté quelque part ?
—Où cela ?
—Sire vous ne le saurez qu'en arrivant,
{est done un mvatère ?
—{)u;, Sire
Une surprise :
MARNE | tea
— Peut-être,
—Duc! vous m'intriguez.
— Votre Majesté consent à venir, à se laisser guider ?
—J'y consens, due, je me fie à vous ?
"À vos ordres, sire! dit Richeliu en se baissant pour tenir l’étrier au roi.”
Louis XV sauta lestement en selle.
“Nous allons ?
—hez moi, sire ?
Et faut-il emmener tous ces imessicurs ?
— Oui, sire!
—Mais c’est donc une fête 7”
Richelieu sourit encore sans répondre.
Le cortège royal se mit en marche, remontant la “rande rue de Calonne aqu’encombraient les soldats, les officiers, les fournisseurs, les Paysans. (C’était une foule Compacte allant. venant, se poussant, se Fressant, se bouseulant, I] Y avait cependant un mouvement général dans un même sens : celui de la place. Sur le passage du roi tous s’arrôtaient, tous s’écartaient, mais le mouvement était visible.
“Décidément je suis très intrigué !” dit le roi, au milieu des cris que provoquait sa présence.
On atteignait la place de Calonne. Cette petite place était envahie Par une foule dix fois plus compacte que celle qui se pressait dans les rues.
“Ah!” dit le roi en Poussant un er de surprise,
C'est qu’en face du cortège, au centre de la place, se dressait une grande Maison de belle apparence qui devait évidemment APpartenir à quelque riche cultivateur, et que, sur cette maison pavoisée de drapeaux et d’ori. flammes aux mille couleurs qui dominaient le drapeau de la France, était placardée une immense affiche sur Papier rouge.
Cette affiche. collée sur la façade, au-dessus de la