‹ Le Comte de Saint-Germain [microforme]Chapitre 27 sur 53 · LA REPRESENTATION · texte numérisé non relu

LA REPRESENTATION

Depuis que Tourneheni, le riche financier, avait pris sous sa protection Favart, le poëte musicien, la fortune du pâtissier, devenu dir teur de théâtre, n'avait fait que croître et embellir, Toute la cour et par conséquent toute la ville avait raffolé des Opéras-Comiques, et, en quelques mois, le succès était devenu tel que les comédiens Français et les comédiens Italiens s'en étaient violemment émus et inquiétés. Tous se réunis. sant pour vaincre l'ennemi Commun, les comédiens français et les comédiens italiens, avaient : Avité la Suppression de ce nouveau théâtre,

Se sentant attaqué par des forces impuüissantes, Fa- Var avait eu une idée: Mlle Duronceray, la célèbre chanteuse, celle dont il avait demandé la main et qui devait l’épouser au mois de juillet suivant, pour devenir Mme Favart, Mlle Duronceray avait Pour admirateur enthousiaste le maréchal de Saxe; admiration dont le mari, Pas £scez prévoyant, ne comprit que trop tard toute la portée,

Favart penisa à aller donner des représentations au Camp. Il écrivit au due de Richelieu qui s'occupait déjà, presqu'officiellement, de la direction générale des théâtres de Paris. Richelieu accueillit l'idée avec em- Pressement, et i] fit mettre à la disposition du directeur

de l'Opéra-Comique tous les charriots et toutes les voie Lures nécessaires au transport. Puis, sans que Le roi le sut, et afin de lui ménager une surprise agréable, Richelieu fit arranger dans la maison qu'il habitait à Calonne, une sorte de salle de théâtre dont se contenterait certes, méme aujourd'hui, bien des comédiens. Une grange était adossée à cette maison de riches cultivateurs, grange énorme, vaste et spacieuse et rendue nbsolument vide par les besoins de l'armée, Cette grange avait puissamment secondé les idées de Richelieu et avait offert de grandes ressources à Favart.

Le 10 mai tout avait été prêt, et le roi était assis dans une sorte de loge on plutôt de salon de verdure, car l'entourage avait été formé à l'aide de feuillages et de fleurs. ‘Toute la saile, fort bien éclairée, garnie en vieilles tapiiser ?s était ornée de bouquets et de œuirlandes,

Le parterre était encombré d'officiers en grands uniformes: les maréchaux, les leutenants-généraux occupaient les places d'honneur. Les quelques dames élégantes qu'on était parvenu à faire venir de Lille et de Cysoing et auxquelles on avait adjoint ks plus jolies et les plus riches des femmes des fourmisseurs de l’armée, trônaient dans des places disposées habilement sous les regards de Louis XV

“Mais c'est charmant!” disait le roi dont le visage rayonnait de joie.

Jamais Louis XV ne s'était montré ansa gai que cette veille de la bataille de Fontenoy

“Dites qu'on peut applaudir!” dit le roi au due de Richelieu.

Cette nouvelle qui courut dans les rangs pressés de la foule eut l'effet d'une étincelle électrique.

Précisément la toile se levait alors: Mile Duroncerav, l’artiste adorée, apparut au milieu d'un murmure flatteur, On jouait je Cog du Village.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

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