‹ Le comte de SaintGermain pièce en trois actes mêlée de chantsChapitre 10 sur 57 · SCENE X. P · texte numérisé non relu

SCENE X. P

LE COMTE, puis LA DUCHESSE

LA DUCHESSE. Mon mari semble me fuir... je ne puis le retrouver au milieu de ce bal., il faut pourtant que je le voie, que je lui parle, et que je tente auprès de lui un dernier effort. •

LECOMTE. Ma foi, virent les maris pour mettre les amans à leur place. (J percevant la duchesse.) La duchesse !

Il «■ matqiw.

LA DUCHESSE , après avoir cherché des yeux. Ah! c’est vous enfin, monsieur le

duc c’est en vain que vous m’ave*

échappé... je suivrai vos pas, je redoublerai mes prières, jusqu’à ce que vous ayez consenti à ce que je vous demande... Je vous le répète , il faut absolument que le chevalier de Flcurange , cesse d’être atta« ché à notre maison...

LE MAGASIN THiAMAL.

LE COMTE, d part. Elle Teut me chasser !

jolie confidence.-

LA duchesse. Vous gardez le silence. ..

j’espère pourtant que vous céderez à mes instances... (Le comte fait un geste négatif.) Jamais ! vous voulez donc me forcer à vous révéler les motifs qui me font désirer l’éloignement de ce jeune seigneur... ch I* bien , je vais vous les dire : mais au moins vous me promettez de ne point vous mettre en colère...

Le comte fait le geste d’un serment.

LE COMTE, i part. Je suis curieux de de savoir pourquoi je lui ai déplu...

LA DUCHESSE. Apprenez donc qu’il aime ici... et que celle à tpi il ose adresser son amour... c’est moi! c’est votre femme. (Mouvement du comte.) Nous êtes indigné, n’est-cc pas? Eh bien! pour le . soin de ma réputation , de votre honneur , je dois exiger que le chevalier nous quitte aujourd'hui même...-!

LE COMTE , à part. Je m’étais trompé... ' cllè ne m’aime pas...

LA DUCHESSE Je vous en supplie, monsieur le duc, ne me refusez-pas... (Elle lui prend les mains.) Mon seul bonheur, c’est d’être irréprochable... ne me l’enlevez pas par un fol entêtement...

LE comte, à part. Comment me tirer delà?.. que dire... que faire?..

LA DUCHESSE. Vousretircz votre main...

ma prière est-elle si déraisonnable... mais répondez-moi donc... monsieur le chevalier s’éloignera-t-il aujourd’hui-même ?

LECOMTE, contrefaisant sa voix. Non, madame...

LA duchesse. Il le faut cependant , M.

le duc... oh' oui ., je jure qu’il le faut... • et puisque vous m’obligez à un aveu cruel... cc n 'est pas lui que je crains, c’est moiriïêm-...

LE COMTE, et part. Qu’entends-je?

* LA dlciiesse. Oui, monsieur, malgré moi son image me suit... m’obsède partout, et au nom de votre honneur, du mien, il ng faut plus que je le voie... car c’est cnvain que je demanderais à Dieu de ne pas l’aimer...

LE COMTE, jetant sonmasque. Clotide!..

me pardonnerez -vous d'avoir surpris cet aveu...

LA DLCIIESSE. Le chevalier !.. ah!., je meurs de honte!..

Elle tombe sur un fauteuil et se cache la figure dans tes mains.

LECOMTE. I>e ciel m’esttémoin, madame la duchesse, que le hazard seul m’a re .du maitre d’un secret aussi cher... (A ses genouic.) Pourtant, je suis coupable puisque

je vous afllige... par pitié, ne détournez pins de moi vos regards, et que je puisse y lire ma grâce... •

LA dcchessb. On vient, relevez-vous , monsieur... vous me perdez...

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