‹ Le comte de SaintGermain pièce en trois actes mêlée de chantsChapitre 9 sur 57 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

LE COMTE, puis LE DUC.

I.E COMTE, les regardant sortir. Quel mystère dans sa conduite... quelle constance à m’éviter!.. Pourtant ses yeux, quand je la rencontre , ne me disent pw

LE COMTE DE »AIHT-CEHSIAtN.

qu’elle m’on veut... elle me craint donc, alors, puisqu'elle me fuit... si je pouvais éloigner, au moins polie quelque teins, son importun de mari — Ali ! c’est lui qui revient!.. il a l’air de vouloir me parler.

LE DUC, revenant. Enfin, j’ai pu quitter son bras... Ah! mon cher chevalier , c’est un terrible fardeau qu’une femme trop aimante...

LE COAITE. Madame la duchesse a tant de charmes...

LE DUC Mous parlerons de cela un autre jour; mais les instans sont précieux, et pendant qu’elle danse une sarabande avec M. de Ëeilcgarde, j’ai des renseignemeus de la plus haute importance à vous demander..

LE COUTE. Parlez, monsieur le duc.

LE DUC. Vous m’avez fait les promesses les plus belles; mais vous savez, mon cher chevalier, que je n’ai plus vingt ans...

LE COUTE. Je sais même que vous en avez soixante.

LE DUC. Cinquante-neuf... et je ne les parais pas; mais enfin, c’est égal... je me me trouve pas assez jeune pour madame la duchesse qui m'idolâtre...

LECOMTE. C’est contrariant, j’en eonconviens; mais nulle puissance humaine ne peut y remédier.

LE DUC. Aussi, n’est-ce point aux hommes que je veux m’adresser 1

LECOMTE. A qui donc?

LE DUC. Au diable 1

Lecomte. Au diable?..

LE DUC. Ou du moins à un de ses affidés, au comte de bt-Gcrmain.

LE COMTE. Vous croyez alors qu’il a le don de rajeunir...

LE DUC. J’en suis certain.

LE COMTE Ah! c’est différent.

LE DUC. Il est de notoriété publique, comme vous l’avez fort bien dit, qu’il possède le secret de l'clixir de jeunesso , qu’il est astrologue, nécromancien, sorcier...

il n’y a que les imbéciles qui en doutent...

LE COMTE. Et les hommes d’esprit qui y croient.

LE DUC. C’est juste. D’ailleurs, j’ai des preuves incontestables : Deux grands sei- •gneurs de mes amis, vieux, plus vieux que moi, avaient des femmes charmantes, -et pas de postérité... ils s’adressent au comte du St-Gcrmain qui leur prodigue les trésors de sa science, et an bout d’un an , ils goûtaient tous les deux le bonheur d’être pères..«

LE COMTE. Vous êtes bien sûr de cela?

LE DUC. Aussi sûr que de moi-même...

et pour découvrir la retraite de cet homme

illustre, je ferais cent lieues, deux cents lieues, je traverserais les mers.

LECOMTE, d part. Oh, quelle idée !..

LE DUC. Si vous vouliez, mon cher chevalier, vous pourriez me rendre un grand service.

LECOMTE. Moi...

LE DUC. Ne cherchez pas Ame lecachcr.,.

j’ai deviné que voussaviez ml est le comte! E

LECOMTE. Eh bien, oui , je le sais...

LE DUC. Ah! je suis le plus heureux des ducs! Et vous allez me le dire, n’cst-co pas, mon bon ami?

LE COMTE. Il habite maintenant Brcslau, en Silésie.’., et il vous sera facile de l’y trouver; car dams ce pays de tolérance , il n’est pas forcé de sc cacher...

LE DUC. Aujourd’hui même, je pars pour Brcslau.

LE COMTE Bon voyage, monsieur le , duc I

LE DUC. Mais il faut agir do ru<c : ma femme qui ne me quitte pas ne me laisserait pas partir...

LECOMTE. Comment donc faire?

LE DUC. Je dois paraître au bal sous ce costume de inugicien que connaît madame la duchesse. Eh bien ! j’ai conçu un projet ‘ très ingénieux qui me permettra de tromper nia femme, et de m’esquiver; mais je tremble qu’il chaque instant... Entrez dans ce cabinet-lé , je vous expliquerai tout.

[lire gante-.) 11 était temps, j’aperçois madame la duchesse qui me cherche des yeux... rejoignons vite co cher chevalier, et pour tromper tout le inonde je vais changer de déguisement... me travestiren Phoebus, en Dieu du jour, en Apollon, une lyre à la main.

Il sort, t

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