‹ Le comte de SaintGermain pièce en trois actes mêlée de chantsChapitre 12 sur 57 · LE COMTE, LA DUCHESSE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LA DUCHESSE

LE COMTE, dans te plus grand abattement.

Condamné à mort... les infâmes 1

LA dcchesse. Qu’avez-vous?., tous vos trais sont bouleversés...

LE comte. Oui, je l’avouerai... La nouvel^ que vient de m’annoncer cet homme, hier encore, je l’aurais reçue sansémnlion... mais aujourd’hui, j’ai peur de mourir.

LA duchesse. Mourir!., je ne vous comprends pas...

LE COMTE. Jusqu’ici, vous n'avez vu en moi, que le chevalier de Fieurangc; il est temps que je me fasse connaître...

LA DLCIIESSE. Ah ! quel affreux souppon !..

LECOMTE. Proscrit, persécuté, je m’étais retiré à Magdcbourg, quand on vous y inaria... vous, jeune et belle, à un homme qui croyait payer tant de bonheur avec des titres et des trésors... je ne pus vous voir sans vous plaindre et sans vous adorer...

alors, sous un nom supposé, et attaché a votre mari, je revins en France... je pus vous voir chaque jour, vous parler quelquefois... je bravai la colère de mes juges, la crainte du supplice, car j’aimais, j’aimais plus que la vie...

LA DUCHESSE. Grands dieux L.qui êtesvous donc?

LE COMTE. Cet homme qu’ils ont jugé, condamné comme sorener..r le comte de Saint-Germain...

la duchesse. Le comte de Saint-Germain !.. ( Elle si sauve vivement de t«Hlf*

LE COMTE DE SAIHT-tBBMAlS.

ctté du théâtre. Ne m’approchez pas... je tous en prie...

LE COMTB. El vous aussi, mon nom seul tous effraie ?

LA Dieu ESSE , menant un peu. Oui !..

voyez .. je tremble...

LE COMTE, s'approchant (Celle doucement.

Quoi !.. vous partagez les préjugés d’un monde ignorant ?.. regardez-moi... mes yeux sont-ils donc ceux d’un envoyé de satan... ma main qui touche la vôtre estelle froide et glacée? . ah! si j’avais ce pouvoir surnaturel qn’on me suppose, vous l’auriez éprouvé la première... vous ne chercheriez pas à me caelier votre amour, vous partageriez mes transports.

11 la presse dans ses bras.

LA DlCHESSB, se dégageant. Ne pensez qu'à vous... au danger qui vous menace...

une prompte fuite peut seule vous dérober à leur» poursuites... je vous en supplie, partez... partez à l’instant même...

LECOMTE. Je ne m’en irai que si vous me chassez...

LA DICUESSE. Mon Dieu!., mon Dieu!., mais ils vous tueront... ah! je voudrais trouver des paroles qui pussent toucher votre cœur... la voix de ce que l’on aime n’est-clle pas assez puissante?., faut-il vous dire que le même coup me frapperait. .

que je mourrais de votre mort... que je vous aime... je le dirai... car je ne veux pas qu’ils vous tuent!., mais partez, partez !.. au nom du ciel!

LE COMTE. Clotilde... maintenant je serais un lâche si je fuyais... je ne vous quitterais pas un moment pour un siècle d’existence.

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