‹ Le comte de SaintGermain pièce en trois actes mêlée de chantsChapitre 31 sur 57 · LE COMTE, CONTI · texte numérisé non relu

LE COMTE, CONTI

CONTI , après un silence. Eh ! bien., monsieur d’Anspach...

LE COMTE. Je sais, monsieur le prince, que tous avez ù me faire les reproches le»

plus mérités... je les accepte... et je no chercherai pas même à me justifier.

CONTI. A merveille!..

LE COMTE. Si vous saviez combien je soulTre... je l’aimais avec tant d’idolâtrie...

CONTI. De mieux en mieux. .. ( Riant au.T tclqts.) Ah!., ah! ah! ah! ah! veux-tu bien ne pas être triste ainsi, comment donc?., tu t’es persuadé un beau jour que tu aimais une femme charmante, et tu as voulu l’épouser... après la cérémonie , tu la répudies, et elle veuve avant d’être épouse...

tu t’es dit... c’est original; les grand» pu-

ao ' X. .* le iu^min

rents, les amis de^laffanjîllc, t’opt demandé I la raison de cette bru^pqp résolnJfpn...tu t’es obstiné à la taire... iI$:s;ont sififcqrdos les grandsparents. ' tÇr l •

LE CO.MTÿ. Je ne pouvais poiiU parler, monsieur le. prince...

CONTI. Oh! je m’en doute bien... et je gfrouve même leur prétention fort impertinente...

LE COSITE. Ali ! ce secret qu’ils demanafbdaicnt que je révélasse, ils auraient frémi de l’apprendre... vous, vous ne me le demandez pas... je vous remercie...

CONTI. Je ne suis pas curieux moi... exceptépource quinte regarde; parexcmple, cher comte, lu te rappelle* ect te joyeuse orgie que nous fîmes ensemble il y a quelques jours.7. et A la lin de laquelle je te consultai sur mon avenir... il me semble te voirencorc , parcourant d’un œil brillant les lignes de ma main droite, et hochant la tête, comme un sorcier de mauvais augure. . tu me prédis que tôt ou tard j’irais à la Basl illc !.. eh 1 bien , mon cher, je crois que ta prédiction va s’accomplir.

LE COMTE. Grâce , monsieur le prince, grâce, je vous prie!..

CONTI. Non, te dis-je, je suis sfir qu’elle s'accomplira... et bientôt... Mais ce que j’ignore . c’est pourquoi j’y serai conduit... on va à la Bastille pour tant de motifs...

pour une intrigue d’amour quelquefois, pour une affaire d’état, une conspiration, un dncl.

LE COMTE. Pour un duel.

CONTI. Oui !.. si l’on n’est pas tué, ce qui vous en dispense nécessairement, nu si l’on ne tue pas son adversaire, sans bruit, en secret, pour que notre gracieux monarque Louis XIV et son digne ministre n’en sachent rien ; justement on vient d’aflicher l’cdit sur le duel.

LE COMTE. Est-ce que vous vous battriez?

CONTI. Je croisque oui...

LE COMTE. Quand ?

CONTI. Ce soir, tout-à-l’heure... [Montrant It jardin. ) Là !

LECOMTE. Et... avec qui?

CONTI, négligemment. Mais avec toi...

si tu veux.

LE COMTE. Avec moi ! je vous comprends, mais je refuse.

CONTI. Oh! cette fois, tu m’en diras la raison , car si je ne suis pas curieux pour ce qui regarde les autres , je le suis pour ce qui me concerne, moi, tu le sais. Allons parle , je t'écoute.

LE COSITE. Je n’ai rien à dire.

CONTI. Alors tu te battras.

LE COMTE, vivement agité Monsieur le

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