SCENE III
Les Mêmes, LE MARQUIS, LANGE AC, puis LE ROI , Dames et Seigneurs.
LE SIARQUIS. Monseigneur, le roi arrive à l’instant de Versailles.
LAAGEAC. J’ai voulu être le premier A l’annoncer A votre altesse.
COATI, A la marquise. Silence, je vous en prie... ( Haut .) Je vais an-devant de sa majesté...
LE marquis. C’est inutile, voici toute * la cour.
MATHILDE. Regarde* donc comme il est gentil notre jeune roi.
LE marquis. Malheureusement il est faible de santé...
LAAGEAC. Oh!., qui est-ce qui se porte bien aujourd'hui?..
Entrée générale.
Clara.
Honneur, bnnneur S ce gentil monarque.
Enfant chéri de Man et des amoun...
Roi bien aimé, puisse long-temps ia parque De «nie et d'or, filer tes heureux jours!..
Et Dieu sur toi veiller toujours!
LE ROI. Messieurs, soyez les bien-venus, mesdames , je vous remercie d’être venues embellir notre petite cour de Marly.
LAAGEAC. Sire, c’est nous au contraire...
LE ROI. C’est anx daines que je parle, monsieur lo vicomte...
LAAGEAC, à part. J’ai dit une bêtise...
LE KOI Enfin, me voilà donc roi.
plus de conseils à écouter, ù suivre... plus de leçons à recevoir...
Air x La nuit porte conseil .
Je puis dire l je veux Puur maître
Il faut me reconnaître...
Je pois dire : je veux Et tout doit céder k mes vau*.
Ab i pour l’amour de moi t
.*;*» LE MAGASIN TIlf.ATBAL
France, que Dieu te garde.
Toujours à l’*vant-gaidu, t
Tu me verras pour toi...
Qtffun ministre sans cœur,
• Conseille à mon courage.
De subir un outrage Aujourd'hui, par bonheur!..
Je puia dire : je veu*
Pour maître, etc., etc.
Il encor pour moi, 4,
v Une faveur plus chère.
Est-il un cœur »év6ro Quand oh est ji-une et roi...
Qu'un objet plein d’appas, Partageant mon ivresse, %
Pour cacher sa faiblesse Dise, je ne veux pas.
Je puis dire : je veux
Pour maître, etc., etc.
LF. MARQUIS. £ 'est,. un jour que nous attendions avec impatience, sire..,
LF. ROI.' Allfltos, ne me nattez, pas. .
conteniez-vous dcync prendre mon argent, qu&id vous faites ma partie... A propbs, on m’a dit qu’hier vous aviez- gagné de grosses sommes au lansquenet.
LE MARQUIS. Oui, sire, vingt mille écus au cher duc d’Escars... plus, deux nulle louis sur parole à un jeune secrétaire de l’ambassade de Portugal , don José t^c Syl veira... mais ceux-là , je les regarde comme perdus...
• LE ROI Pourquoi donc? un gcnlilltomporlugais tic peut-il pas avoir autant d’honneur qu’un gentilhomme de France.
LF, MARQUIS. Oit ! ce José de Svlveira iv’est qu’un intrigant...'
LE ROI. Mais regardez donc Coiili, comme il paraît grave et soucieux (J liant vers lui ) Eh bien! nolfc cher cousin, vous ne nous dites rien... méditeriez- vous un nouveau parti des princes?..
COüTI. Non, sire, je suis trop vieux et vous êtes trop aimé...
LF. ROI. Quittez cet air triste, alors... Ah! mais... je devine... peut-être son idée favorite est-elle revenue à notre cousin...
n’est-ce pas aujourd’hui l’anniversaire de la mort du comte de St-Gcrmain?
COKTI. Oui, sire, aussi suis-je persuadé ne tardera pas à reparaître.
LE r.oi- Mon patirre Conti , je tous plains; mais c’est égal , agissez én bon parent, et si lr comte de Si-Germain était assez aimable pour venir à notre résidence royale, ne manquez pas de me l’envoyer.. .
Mais toutes ers affaires m’ont un peu rctard<*, et j’arrive trop tard à Marly...
U^iCEAC, à pari . *Si je pouvais me rattraper de ma bêtise.
LE noi. Quelle heure est -il?
laxgeac. L’heure qu’il plaira ù votrd majesté.
LE ROI. Vraiment?.. Eh bien I je veux que ce soit l'heure du plaisir... mesdames, nous passerons huit jours à Marly, jusqu’à l'époque de notre couronnement!.. 'Ah! il faut que je vous prépare à une cérémanie toute nouvelle, et que l’étiquette de cour n’a pas prévue ; avant d’essayer devant mou peuple ma royale couronne, j’ai voulu, mes chers amis, que vous me dissiez si elle me .va bien... J’ai donné l’ordre quelle fut ti- Vée du Garde-Meuble etenvoyée à Marly...
c’est presqu’un enfantillage, n’est-ce pas?
mais songez que je n’ai palrvmcore seize ans... Suivrz-moi , messieurs; je vous préviens qu’au jourd’hui la tristesse est un crime de lèzc-majesté.
COKTI. Je vous approuve, ma foi, sire, et je veux en votre honneur, chasser bien loin mes idées noires... Au fait,<$j|je n’est qu’un songe, et je commence à croire que je n’avais pas le sens commun...
Reprise du Chœur.
Honneur, honneur, etc., etc.
Le roi torf suivi des officiers de ta selle.