‹ Le comte de SaintGermain pièce en trois actes mêlée de chantsChapitre 38 sur 57 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes , CONTI.

Il arrive en rêvant et ne voit ni la marquise 01 Mathilde.

COATI. J’ai toujours devant les yeux cette fatalo apparition.

la marquise. Monseigneur...

COATI. Ab ! c’est vous, chère marquise— bonjour, bonjour, belle Mathilde!

Mathilde. Vous paraissez souffrant...

.aurions-nous à craindre pour votre santé?- •

COATI. Est-ce que je sufs pâle ?..

Dk

LE COITE DE lilNT-OIkUAII. tS

LA MARQUISE. Pardonné», monsei- I né comte... mais, hélas! j’ai Lien d’autres

gneur , les conseil d une ancienne amie ; mais ces idées funestes qui vous reviennent sans cesse à l’esprit, ne seraient-elles pas cause?. .

COATI. Si ce n’étaient que des idées l.. v * la marquise. Qu’y a-t-il donc, mon Dieu ?

COATI. Je vais vous le dire...

LA MARQUISE. Je vous écoute, monseigneur. ;

COATI. Il faut d’abord que je m’asseoie, cette aventure m’a cassé bras et jambes...

LA MARQUISE. Vous m'effraye* I COATI. Je suis bien plus effrayé moimême... Ah! quelle mauvaise nuit j'ai passée...

la MARQUISE. Est-ce que vous auriez encouru la disgrâce du jeune roi?

COATI. Il s'agit bien du roi... - LA M ARQUISE- De qui donc P COATI, arec explosion. Du comte de Saint-Germain...

LA MARQUISE. Tonjourseetteidée fixe. ..

MATHILDE, d part en souriant. Du comte de Saint-Germain !..

coati. Vous sourie*, marquise, mais si vous aviez vu comme moi... Ah! quelle mauvaise nuit j'ai passée...

LA M ARQUISE. Expliquez-vous de grâce.

COATI. Hier, en revenant à Versailles, après une chasse au sanglier, je me couchai, harassé de fatigue... Langcac était auprès de moi... Sans y penser, je lui demandai à quel jour du mois nous nous trouvions... Hélas I me dit-il, et il me regarda avec frayeur... Mes souvenirs se réveillèrent alors, et une sueur froide coula par tous mes membres... bientôt, cependant, je m’endormis... mais ce ne fut pas pour long-temps... les bougies qui étaient restées allumées s'éteignirent d’elles-mêmes... les rideaux de soie de monlits’entr’ouvrirent; une voix sourde m’appela... et devant moi j’aperçus...

LA MARQUISE. Quoi?..

COATI, line ombre!., uu spectre!., un fantôme! lui enfinl.. lui, qui fut un instant votre époux et que j’ai tué... il jetait sur moi des regards vifs et perçans ; il me glaçait de son sourire moqueur... ses lèvres remuaient et semblaient prononcer des paroles inintelligibles... puis, il m’a salué ironiquement et il adisparu... Ah 1.. quelle mauvaise nuit j'ai passée...

la marquise. Ne pense* plus ù cela, monseigneur.

Mathilde. Le roi ne peut tarder ù arriver de Versailles, et les plaisirs de cette soirée distrairont votre altesse.

coati. Si je oe l’evais que tué, ce dam-

torts ù expier...

la marquise. N’avez-vous pas mis, dans ce malheureux duel, toute la loyauté possible?

COATI. Oui, sans doute, mais je ne tous ai pas dit qu’avant de croiser le fer, le comte de St-Gcrmein me confia des papiers que je devais remettre à une dame étrangère, à dona Séraphine, au Brésil, ou à son fds.

LA marquise. Eh bien?

COATI. J’ai négligé de m'occuper de ce dépôt précieux, et l’apparition d’hier es»

venue me rappeler bien terriblement mes torts... Mais j’entends du bruit... pas un mot, je vous prie... car un prince du sang peut bien avoir peur, mais il ne faut pas qu’on le sache.

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