LETTRE XXXIX
Le même à M. de Verzure.
Je reçois à l'instant votre réponse, mon cher Verzure j deux jours plus tard , elle ne m'eût pas trouvé dans cette province, où je ne puis faire un plus long séjour, et où ma présence serait cependant si nécessaire. Q-uelles actions de grâces n(; vous dois-je pas pour tous les services essentiels que vous voulez bien me rendre, et pour toutes les marques d'attachement que vous ne cessez de me donner! Il est donc vrai, mon digne ami, vous m'accordez sans la moindre difficulté ce que je ne vous demandais qu'en tremblante Vous sacrifiez à votr« amitié pour moi, pour mon fils, le goût constant de la retraite, le désir du repos; et vous consentez à devenir son mentor et son guide dans le premier voyage que j'ai désiré qu'il fît! Ah! que je le félicite d'avoir trouvé un guide tel que vous! Je ne crains plus pour lui tout ce que la nécessité de voyager entraîne de dangers et d'inconvénients à son âge. Sous vos auspices il ne peut que gagner à ce qui devient préjudiciable pour tant d'autres. Usez de tous mes pouvoirs-, je vous les remets; et à qui pourrais-je mieux les confier, pour fintérêt et le bonheur de mon fils? Tendre et fidèle ami, soyez-lui aussi utile que vous me lavez été à moi-même. Que ne vous ai-je connu plus tôt!
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que de fautes vous m^eussiez épargnées ! Jamais je n'oublierai vos leçons et vos bienfaits. Je me rappelle tout ce que je vous ai entendu dire ; je joins vos conseils à ceux de mon père , et j'en fais, autant qu il est en moi , la règle de ma conduite. Vous m avez appris l'un et Tautre où je devais puiser toute la fermeté qui m'est nécessaire pour soutenir les événements les plus propres à affliger un cœur sensible. Hélas! quelle nouvelle épreuve pour le mien! Je ne tiens point à la vie; mais, si je la perdais par la fureur de mes ennemis , quel coup pour ma femme et pour mes enfants! Il n'est que trop vrai cependant, fài été au moment de la perdre; et, sans une providence toute spéciale, je n'existerais plus pour eux.
Je n'ai pas besoin, sage Verzure, de vous recommander de tenir secret ce que je vais vous confier. Vous êtes maintenant, autant que j'en puis juger par la date de votre lettre, au sein de ma famille. Qu'elle ne s'aperçoive pas qu'il y ait dans tout ce que je vous écris rien de caché pour elle. Je vous laisse libre néanmoins d'en faire part à mon père , si dans quelque entretien particulier vous ne trouviez par la suite aucun danger pour lui à l'en instruire.
Je vous ai marqué la scène que j'ai eue avec la vicomtesse, et je n'ai pas cru devoir en faire un mystère à Emilie. Mais que serait-ce, grand Dieu! si elle venait à en apprendre les suites ! je frémis pour elle en vous les racontant
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Vers la fin du second jour de mon voyage, mon valet de chambre s'étant blessé, quoique assez légèrement, par la chute de son cheval, je l'ai fait monter dans ma chaise, où il iVy avait de place que pour lui; et, suivi dW de mes gens, j'ai pris le parti de courir la poste jusqu à un gros bourg qui se trouve à la sortie dune forêt que nous avions à traverser. Vers le milieu du bois j'aperçois, à la faveur du crépuscule, trois hommes à cheval qui nous laissent passer, galopant du côté de la chaise qui nous suivait à peu de distance. L'instant d'après j'entends tirer plusieurs coups. Nous retournons à bride abattue sur nos pas : nous voyons la chaise arrêtée ; deux hommes qui fuyaient avec la plus grande vitesse -, un troisième que le postillon tenait en respect, et qui cherchai l à se relever, son cheval ayant été tué sous lui. Un de mes domestiques venait d'ouvrir la portière de la chaise, dans laquelle mon valet de chambre jetait les hauts cris. C'était lui qui, voyant que l'on arrêtait la voiture et que Ion paraissait en vouloir à sa vie , avait fait feu sur ces misérables au moment où ils se disposaient à tirer sur lui. Ils le firent tous trois en même temps, et une seule balle a porté , qui lui a fracassé 1 épaule droite. Je m'arrêtai pour étancher son sang, en ordonnant à mes gens de se saisir de Fhomme qui nous était resté, et de le lier derrière la chaise. « Monsieur le comte , nous nous sommes mépris, me dit-il d un air assuré ; c^était votre vie que nous demandions.
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Mais, avant de penser à me mettre entre les mains de la justice et à faire un éclat, daignez m'entendra; j'ai les choses les plus importantes à vous révéler. » Je lui promis de l'écouter dès que nous serions au bourg prochain , et nous continuâmes notre route. A notre arrivée, mon premier soin fut de faire appeler un chirurgien. 11 s'en trouva un qui pansa les blessures de mon pauvre Laurite , et qui m'assura qu il n'avait rien d'essentiellement endommagé, ni au genou par sa chute, ni à fépaule par la balle qui y était entrée ; en sorte qu'il ne tarderait pas môme à me rejoindre. Je n'oublierai jamais les premières paroles de ce fidèle domestique, lorsqu'on lui eut rapporté le discours que m'avait tenu celui des trois assassins que nous avions en notre pouvoir. « Que je suis heureux, mon cher maître, me dit-il, d'avoir été blessé pour vous. » Cher Verzure , je ne suis pas assez riche pour payer un pareil sentiment : mais j'ai du moins un cœur capable de le reconnaître.
Rassuré sur l'état de Laurite, je fis venir notre prisonnier, à qui mes gens avaient arraché une espèce de masque qui le défigurait. Quelle surprise pour eux ! c'était un homme au service de madame de Lausane ! Etant seul avec lui , je lui ordonnai de s'expliquer. Il le fit en ces termes : En vain vous ferais je un mystère de ce qui s^explique assez par mon déguisement et par les maîtres que je sers. Né dans un village, d'un père rempli de probité, mais pauvre j et qui cependant avait
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trouvé, par la protection de son seigneur, les moyens de me faire donner dans un collège une éducation honnête, j'en profitai mal. Le libertinage, plus que tout autre motif, me détermina à me faire soldat; ayant eu le malheur de déserter, j^eus recours à une de mes sœurs, femme de chambre de madame la vicomtesse, pour qu'elle m'obtînt par son moyen ma grâce et mon congé. L'iui et l'autre me furent accordés. Madame de Lausane, que j^allai remercier, me fit plusieurs questions, auxquelles je répondis de manière à lui faire comprendre que j avais assez d'intelligence et d adresse pour m'acquitteravec succès de toutes les commissions qu'elle pourrait me donner. EUe me mit au nombre de ses domestiques les plus afïidés, et me chargea , à votre retour de farmée, d'épier vos démarches , pour qu'elle pût s^assurer si vous n'aviez pas quelque intrigue secrète qui fût cause de votre insensibilité pour toutes les avances qu^elle vous faisait. Dans le compte fidèle que je ne cessais de lui rendre , ne découvrant rien qui autorisât ses soupçons , elle résolut , après vous avoir demandé plusieurs fois un entretien particulier par des lettres que vous laissiez sans réponse, de se ménager avec vous une entrevue malgré l'opposition que vous y mettiez. Vous savez , monsieur, quelle en a été fissue. Furieuse de votre indifférence et de vos mépris , elle unit dès cet instant son ressentiment à celui de son mari, et enflamma, sous de nouvcauxprétextespla hain j
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qu'il a conçue pour vous. Lorsqu'elle le vit échauffé au point où elle le désirait, elle me fit appeler. Elle me demanda si j étais capable d'un coup de main, et sij après le service qu'elle m'avait rendu, elle pouvait compter sur moi. Je lui répondis que je m'estimerais trop heureux de risquer pour elle la vie qu'elle m'avait conservée , et qu aucun péril ne me ferait trembler. Je lui fis en même temps le détail d'une affaire dont je m'étais assez bien tiré, et qui, si elle ne marquait pas de ma part une grande délicatesse de conscience ni beaucoup d'éloignement pour les mauvaises acîion5, marquait au moins beaucoup d'audace et d^intrépidité. Elle fit un cri de joie, et m'introduisit à Tinstant auprès de son mari. Voici, lui dit-elle en l'abordant, un homme tel que nous le cherchons. Il ne reste plus qu à lui exposer ce que nous attendons de lui. « Mon ami , me dit M, le vicomte , votre fortune est assurée , si vous réussissez à nous défaire du plus mortel ennemi de Tétat et de ma famille, de celui qui a tué mon frère. Vous connaissez M. de Valmont-, ce que madame de Lausane vient de m'apprendre en dernier lieu de ses intrigues et de ses projets ne me permet plus de ménagements ni de retard. Voyez si cette entreprise n'est point au-dessus de vos forces ni de votre courage. « En vous entendant nommer, je fus interdit un moment; mais, me remettant aussitôt, et jugeant que je m'étais trop avancé pour reculer, je leur demandai avec fermeté si, à tout événement j ils n:o
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répondaient de leur protection. Nous vous la promettons, me dirent-ils; et ils me tracèrent à Tinstant le plan que je devais suivre. Il fallait m^associer deux de ces hommes dont je m'étais déjà servi dans une première affaire ; leur cacher avec soin ceux qui les employaient; faire briller l'or à leurs yeux , et par de premières largesses leur faire espérer pour l'avenir une plus grande récompense ; vous attendre sur la route que vous deviez tenir, arrêter la chaise dans la circonstance la plus favorable, c'est-à-dire, au moment où il y aurait le moins de monde avec vous; et, quand vous mettriez la tête à la portière , tirer plusieurs coups à la fois pour être sûrs de ne pas vous manquez. Tel est en effet le plan que nous avons suivi. Vous voyez, monsieur, par qui il m'a été inspiré, et vous savez quelle méprise de notre part vous a sauvé. Vous êtes le maître de mon sort; mais considérez toutes les suites de la démarche que vous allez faire, et choisissez le parti qui vous conviendra le mieux.
Le ton avec lequel il prononça ces dernières paroles me fit regretter qu'il n'eût pas réservé sa fermeté et son sang-froid pour une plus digne occasion. Avant de me déterminer, je me recueillis un instant. Qu'eût fait M. de Verzure , me disaisje à moi - même , s'il se fût trouvé dans la même position que moi? qu'eût fait mon père? si l'un d'eux, poursuivi par des ennemis conjurés pour le perdre, et auxquels il n'eût jamais fait que du
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bien j se fût vu sur le point de périr par le plus détestable complot; s^il eût dépendu de lui de manifester leur noirceur, et que, par de plus justes moyens que ceux quils emploient, il eût pu espérer de les perdre à son tour; qu'eût-il fait? Ahl je connais leur cœur; il ne se fût pas lassé de pardonner; il eût fait en sorte de les rendre meilleurs, ainsi que le coupable instrument dont ils se seraient servis; il leur eût fait respecter la religion, la vertu : et , en conformant sa conduite à la noblesse des sentiments qu'elles inspirent , il les eût ramenés peut - être par Texemple qu^il leur eût donné.
Ces réflexions décidèrent le parti que je devais prendre. Tournant un regard de compassion sur cet homme, qui semblait attendre tranquillement l'arrêt que j'allais prononcer sur sa destinée : Pourrais-je me flatter, lui dis-je , d'arracher au vice une de ses victimes, et de donner un honnête homme H la société? Je te laisse la liberté et la vie : puissestu apprendre à en mieux user ! j Vquitte en partie la promesse qu'on t'a faite : voici une somme qui suflît pour t établir; et je ferai davantage par la suite , selon la conduite que tu tiendras. Retourne à ceux qui t'ont envoyé, raconte -leur ce que le ciel a fait pouT moi; mais surtout confirme - leur ce que je vais leur écrire. Dis bien à M. et à madame de Lausane que, formé à l'école dune religion qui nous enseigne à pardonner, je leur pardonne; qu'instruit par elle à aimer ceux qui nous
haïssent et nous persécutent, je déteste leur crime , il est vrai , mais je chéris leur personne ; cjue le secret de cette horrible perfidie va être enseveli pour toujours ; et que , non content de ne pas leur nuire, je ne désire rien tant que de trouver encore l'occasion de les ohliger.
Mon ami , qu'un acte de vertu porte de doux fruits avec lui ! Cet homme de sanç qui peu de temps auparavant s'exerçait aux plus noirs forfaits , lève les yeux au ciel , et tombe à mes pieds en versant un torrent de larmes. Ah! monsieur, s'écrie-t-il d'une voix étouffée par les sanglots, vos ennemis pourront-ils résister à un pareil procédé lorsque moi-même je n'y résiste pas ? Gardez vos bienfaits dont je ne suis pas digne; que M. et madame de Lausane gardent leur infâme récompense *, désormais le travail de mes mains me suffira. Je vais retourner vers eux. Ils me verront une seule fois , et ils sauront ce que peut la vertu; et ils rougiront comme moi de favoir si lâchement persécutée. Heureux ! heureux ceux qui vous servent! Si je donne des preuves de mon changement, je ne demande au seigneur d'autre bien que celui d'être admis un jour à partager leur bonheur.
Les gémissements, les cris, les sanglots de cet homme avaient attiré mes domestiques , à qui un reste d'inquiétude n'avait pas permis de s'éloigner. Témoins de cette scène, qui me causait à moi-m iiic rc'motion la plus v:vc, i!s mclcrcnt
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leurs larmes aux pleurs de cet infortuné , dont le repentir s'exprimait avec tant de force etde vérité, qu il était impossible de douter un moment qu il ue fût sincère. En vain le pressai-jc , en vain lui ordonnai-je de prendre la somme que je voulais le forcer d'accepter. Non, monsieur, reprit-il d'un ton qui marquait assez la peine qu'il ressentait et la résolution qu'il avait prise : commandez tout ce qu'une âme telle que la vôtre peut ordonner de juste, de grand; et, échauffé par votre exemple, je me sens capable de le faire. Sur ce point seulement souffrez que je vous désobéisse.
N'espérant plus de vaincre son obstination , je donnai ordre que le lendem^ain matin on lui cherchât un cheval , et qu'on lui tînt prêt tout ce qni pouvait hâter son voyage. Sous ce prétexte, je trouvai le moyen de faire glisser parmi quelques hardes et un petit nombre de provisions une bourse qui renfermait la somme que j'avais des* sein de lui donner. Je le vis partir après lui avoir lu la lettre que je venais d'écrire. Elle lui arracha de nouvelles larmes :puisse-t-elle attendrir comme lui mes plus cruels ennemis î J'ai imposé silence à mes domestiques sur tout ce qui s'était passé sous leurs yeux : et je les connais assez pour être sûr de leur obéissance. Cher Verzure ! si j'eusse discuté froidement ce que je venais de faire, peutêtre n'eussé-je pas si bien fait; mais le contentement que j'éprouvai après cette action ne me per meltra jamais de m'en repentir.
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Que ne dois-je pas, mon respectable ami, à cette providence qui ma gardé avec tant de soin ! Quel concours de circonstances où elle s^est rendue sensible ! et que je serais infidèle si j'oubliais ce qu'elle a fait pour moi ! C'est elle qui me tranquillise sur Favenir ; c'est elle qui me rassure en faveur d'Emilie. Car enfin ses jours ne pourraient-ils pas être menaces autant que Font été les miens? et lorsqu'elle tremble pour moi, combien, à en juger par les passions et par le caractère de ceux qui me persécutent, n'aurais-je pas à trembler pour elle ! Mais il est au ciel et sur la terre un Dieu qui veille pour nous.
Laurite vient de me rejoindre. Le traitement du chirurgien, quelques herbes qu'il lui a appliquées, et qull renouvelait chaque jour, font si promptement et si parfaitement guéri, qu'il ne ressent plus aucune douleur , et qu'à peine aperçoit-on la marque de sa blessure. Je ne ferme point ma lettre, dans l'espérance qu'avant deux jours je recevrai quelque nouvelle dont je pourrai vous faire part.
Du lendemain. On m'apporte à l'instant deux lettres. L'une est de mon père : elle m apprend qu'Emilie est partie; que vous-même êtes déjà en route avec le baron , et que c'est à Florence que je dois vous écrire. La seconde lettre est du domestique de madame de Lausaiie, Voici en substance ce qu'il m'écrit :
se Monsieur, j'ai fait à M. le vicomte et à ma-
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dame îa vicomtesse un récit fidèle de ce qui Sjét^it passé -, je leur ai exposé la méprise de mes compagnons et la mienne ; la facilité qu on avait eue à se saisir de moi, et à percer le voile sous lequel j'avais prétendu déguiser mes traits. Sur leur visage se peignaient le trouble, la consternation , leffroi. Je n'y ai point aperçu le remords. Je leur ai retracé vivement votre conduite et vos discours. Je les ai vus se rassurer par degrés. Hélas! je ne les ai pas vus gémir et se repentir. J'ai vidé devant eux la bourse pleine d or que vous aviez fait mettre dans mon porte-manteau, et j'ai refusé de la reprendre. Ils ont été étonnés de votre générosité; mais ils Font appelée hauteur et bravade; et mon refus , ils font appelé sottise et imbécillité. Ils oi"l envoyé cet argent à mon père, que j'étais absolument déterminé à rejoindi-e dans son village pour le consoler et le soulager. Ils m'ont paru au fond très-contents de trouver un moyen si simple de se débarrasser de moi. Avant que de me permettre de les quitter , madame de Lausane a voulu eaicore m'entretenir en secret. Elle prétendait m'eis^ gager à retourner près de vous pour vous peindre de nouveau sa passion , et ce qu elle nommait l'excès et les fureurs d'un amour mal éteint, auquel votre cœur aurait dû se montrer plus sensible. Jai pris la liberté de lui dire que tout cela n'était pas de la vertu , et que je ne me chargerais pas d une commission qui me rendrait indigne à vos yeux du pardon que vous m'aviez accordé.
\ Ah! monsieur, si mon bon père, dont j'ai si mal pratiqué les leçons, est content de moi; si je lui prouve par toutes mes actions (jue vous m'avez rendu un honnête homme ; s'il consent à quitter son hameau , laissez-moi espérer que vous nous prendrez tous deux à votre service. A quelque emploi que vous nous destiniez , vous serez content de nous, et nous serons trop heureux. »
Que de sentiment, cher Verzure! et pourquoi faut-il que M. et madame de Lausane n'aient pas un cœur également susceptible de retour !